On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

La télé nous rend fous : Videogemetzel (Frontal 21, 2004)

Par • le 20/5/2011 • Entre nous

Quoi de mieux, pour commencer cette nouvelle série de traductions, que LE reportage par lequel le scandale est arrivé. Ce n’est pas forcément le tout premier reportage télé allemand consacré aux jeux vidéo, mais en tout cas, c’est le premier reportage « anti-killerspiele » postérieur à la tuerie d’Erfurt qui ait marqué les esprits : il s’agit de Videogemetzel im Kinderzimmer (littéralement : « video-carnage dans les chambres d’enfants »), conçu par Rainer Fromm, et diffusé pour la première fois le 9 novembre 2004 dans l’émission Frontal 21 sur la chaîne publique ZDF.

Permettez-moi de vous faire quelques présentations avant d’aller plus loin.

Vous connaissez déjà Rainer Fromm, je vous en ai parlé à plusieurs reprises. Docteur en Sciences Politiques et journaliste, auteur de reportages télévisés essentiellement consacrés à l’extrême-droite et aux sectes, il avait déjà commis quelques incursions dans le monde du jeu vidéo (notamment avec Du Joystick à la gâchette, diffusé sur Arte en 2000 lors de la soirée thématique Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?). Il a également écrit un livre sur le sujet, Digital Spiele – Real Morden ?, paru en 2002, juste après la tuerie d’Erfurt. Sa position sur les jeux vidéo n’a jamais vraiment varié au fil des ans : il se dit fan, y compris de First-Person Shooters comme Counter-Strike, mais il est totalement, radicalement opposé aux jeux qu’il juge trop « brutaux », « sadiques » ou militaristes. « Videogemetzel » traite justement de ces jeux, ainsi que du « laxisme » (selon lui) des politiques et de l’USK, l’organisme allemand de classification des jeux vidéo.

Frontal 21 est une émission d’investigation comparable à Envoyé Spécial, diffusée depuis 2001 sur la chaîne publique ZDF. Au fil des ans, cette émission a traité une grande variété de sujets, allant de l’industrie pharmaceutique à la crise financière, en passant par la guerre en Afghanistan, le nucléaire, et le système de santé. Au cours de son histoire, elle a été aussi bien encensée (et primée) que critiquée. Il se trouve d’ailleurs que les attaques les plus dures portent sur les reportages consacrés à la violence des jeux vidéo, un sujet qui a été traité à de nombreuses reprises sur ZDF, par Rainer Fromm lui-même et d’autres, à l’intérieur ou à l’extérieur de Frontal 21. Mais c’est « Videogemetzel » qui a véritablement inauguré la vague des reportages « anti-killerspiele », et qui a marqué le coup d’envoi de la relation d’amour-haine entre Rainer Fromm et les joueurs allemands. Il y a quelques années, j’avais essayé d’en parler sans l’avoir vu, mais c’était une tirade maladroite, basée sur des informations de seconde main. Il est temps de découvrir ensemble cette « œuvre fondatrice ».

Vidéo-Carnage dans les chambres d’enfants

(Reportage de Rainer Fromm pour Frontal 21, ZDF, 9 novembre 2004)

Theo Koll (présentateur): Chez vous, à la maison et à votre insu, on tue des policiers, on mutile des femmes et on abat des retraités à coups de matraque. Vous ne le saviez pas ? Eh bien, il est vrai que ça passe relativement inaperçu sur un petit écran dans la chambre des enfants. Ce qui se déroule actuellement sur les ordinateurs allemands est au-delà de toute description. Et nous ne parlons pas d’une poignée de cas isolés ou extrêmes : la majorité des écoliers entre en contact avec ces jeux vidéo. Beaucoup d’entre eux passent des heures à perpétrer des massacres. Et dire qu’après Erfurt, tout devait être différent. Vous rappelez-vous le garçon qui est entré dans son école pour faire un carnage parmi ses professeurs et camarades de classe ? Apparemment, il s’était entraîner à tirer avec précision à l’aide d’un jeu vidéo brutal. Après [cette tuerie], la loi de protection de la jeunesse a subi une modification pourtant bien intentionnée, et tout est devenu pire.

Rainer Fromm au sujet du meurtre de masse en tant que sport pour enfants.

Rainer Fromm (off): Il n’y a qu’un seul objectif : tue ton adversaire. Doom 3 – l’un des jeux vidéo les plus brutaux.

Le jeu d’horreur n’est pas indexé, et n’est pas classé jugendgefährdend [NDT: littéralement « dangereux pour la morale des jeunes », c’est cette classification qui entraîne indexation]. Et cela avec l’approbation gouvernementale. Le massacre est apprécié chez les jeunes. La seule action possible consiste à faire des « éclaboussures » – ainsi qu’on appelle la mutilation de victimes dans la communauté informatique.

Un jeune : Vise bien sa tronche ! La voilà !

Un autre jeune : Moi, je trouve que le jeu est plus réaliste. Je veux dire, par exemple, au niveau des pertes de vie. Par exemple, quand tu es frappé par une clé à molette ou un truc du genre, on voit bien le sang gicler.

Un autre jeune : C’est un peu plus brutal que les autres jeux. Et on voit trop bien comment le sang gicle. Et… ouais.

Rainer Fromm (off) : Erfurt, il y a 2 ans. Assoiffé de sang, un élève tue des professeurs et des camarades de classe – comme dans un jeu vidéo. Le tueur était un passionné de jeux violents – le choc était incroyable. Après Erfurt, une nouvelle loi, plus rigoureuse, devait protéger la jeunesse – en particulier de ces jeux vidéo brutaux.

L’Unterhaltungssoftware Selbstkontrolle – abbrévié en USK – [NDT: littéralement, « autorégulation des logiciels de divertissement », c’est l’organisme allemand de classification des jeux], en partenariat avec les plus hautes autorités régionales pour la jeunesse, est désormais responsable de la classification d’âge. 3500 jeux ont été examinés – la quasi-totalité sont disponibles en magasin. Seuls 23 jeux n’ont pas été validés (il s’agit des jeux qualifiés « à partir de 18 ans » – et non des jeux « sans classification »). Panorama de l’autosatisfaction chez les autorités :

Jürgen Hilse (représentant des plus hautes autorités régionales pour la jeunesse): On peut toujours discuter de certains détails – vous le savez, on peut toujours ne pas être d’accord. Mais je dirais que l’autorégulation à titre bénévole a fait ses preuves dans ce domaine. Oui.

Rainer Fromm (off) : « Fait ses preuves » ?!? Une farce quand on voit des jeux tels que Hitman Contracts. Le jeu contient une tuerie insensée dans un sanatorium. Une version précédente avait été indexée à l’époque par les autorités compétentes. Cela signifiait qu’on ne pouvait pas l’acheter ouvertement. Le jeu n’était disponible que sous le manteau. La version actuelle est au moins aussi brutale et en vente libre « à partir de 18 ans ».

Cela veut dire que les éditeurs peuvent faire en toute liberté de la publicité pour Hitman : Contracts et d’autres jeux violents. Plus inquiétant encore, les jeux de carnage se trouvent partout en tête des ventes.

Publicité agressive dans les grands magasins. Les limites d’âge n’ont pratiquement aucun effet : la protection de la jeunesse est à la charge des vendeuses. Une expérience prouve dès le premier magasin que Ken, 14 ans, peut acheter le killerspiel Doom 3 – libre « à partir de 18 ans ». Plusieurs ministres de l’intérieur ont été alarmés quand ils ont été confrontés aux investigations de Frontal 21.

Jörg Schönbohm (Ministre de l’Intérieur CDU de l’État de Brandebourg) : Il n’est pas acceptable que de tels films et jeux ne soient pas indexés par l’USK, et donc interdits. Ce qui est d’autant plus grave quand on considère qu’auparavant de tels jeux brutaux avaient été interdits par les autorités compétentes, ce qui n’est plus le cas. Il faut intervenir et changer les choses.

Je viens de constater récemment les faits dont nous parlons – grâce à vos investigations. Et je vais m’engager à ce qu’on agisse en conséquence.

Fritz Behrens (Ministre de l’Intérieur SPD de l’État de Rhénanie du Nord-Westphalie) : Ce sont des choses qui sont diamétralement opposées aux valeurs de notre constitution, et je pense qu’il faut regarder si la loi actuelle est pertinente et adaptée, si elle fonctionne ou s’il faut la modifier. Et là où elle fonctionne, il faut regarder si son application est suffisamment respectée. Il faut discuter de ce sujet en Allemagne, parce que les choses ne peuvent pas rester en état.

Rainer Fromm (off) : « Tu es le meilleur ! » – félicitations perverses pour un meurtre ciblé. La version précédente était également indexée. Ce jeu violent est aujourd’hui sur le marché. Il semblerait que ce soit systématique à l’USK. Les Killerspiele tels que Max Payne 2 ou Mortal Kombat ne sont pas jugés « dangereux pour la jeunesse ». Là encore, le contenu du jeu se résume à une chose : tuer.

Jürgen Hilse: Justement, au sujet de Mortal Kombat : on peut certainement dire qu’il y a beaucoup de violence dans ce jeu. D’un autre côté, il possède un haut degré d’abstraction, parce que cette arène possède des personnages fictifs, cartoonesques. Bref, au niveau du contenu, on peut discuter de ces jeux.

Rainer Fromm (off) : Haut degré d’abstraction ?!? Des fontaines de sang et des hurlements d’agonie, voilà les scènes qu’on peut voir dans ce killerspiel. Sans risque à partir de 18 ans – c’est l’excuse de l’USK. Pour ce qui est de la protection de la jeunesse, la responsabilité est déléguée au marché.

Jürgen Hilse: En ce qui concerne Mortal Kombat, nous parlons aussi d’adultes…

Rainer Fromm: Mais ces jeux…

Jürgen Hilse: … et pas d’un danger pour la jeunesse. Je dois le répéter encore une fois parce que vous n’arrêtez pas de dire: oui, ça contient ceci ou cela. La question est: est-ce qu’on peut montrer ce contenu à des adultes ?

Rainer Fromm: Dans les magazines et les journaux qui sont lus en majorité par des jeunes. Ces jeux sont sur les étalages, dans les magasins, et on ne peut certainement pas demander aux vendeuses de faire le travail qui incombe normalement au Bureau de la Protection de la Jeunesse.

Jürgen Hilse: Mais c’est justement le travail… Mais c’est justement le travail… Bien sûr !

Rainer Fromm (off) : L’USK est supposée améliorer la protection de la jeunesse. C’est le contraire qui se produit : une augmentation de jeux violents, au lieu d’une diminution. Suite à notre enquête, le Ministère de la Famille a décidé d’agir.

Peter Ruhenstroth-Bauer (Ministre Fédéral de la Famille – SPD): Nous avions convenu de nous donner jusqu’à 2008 pour étudier la pertinence du système en vigueur. Je pense que c’est beaucoup trop long, d’autant plus que les évènements qui viennent de se produire montrent – et à ce sujet, nous dialoguons avec les Ministères régionaux – que nous pouvons obtenir très rapidement des résultats ponctuels et si besoin est, modifier le règlement.

Rainer Fromm (off) : Un retraité abattu – le contenu des jeux violents est de plus en plus brutal – Le meurtre devient un plaisir ludique.

Un jeune: Pour être franc, j’ai jamais vraiment accompli les missions. Je connais pas non plus le but du jeu. Ce qui est marrant, c’est de pouvoir rouler partout, de se cogner à d’autres bagnoles et de tuer des gens. C’est ça, au fond, qui est bien dans le jeu.

Rainer Fromm (off) : La Bavière a décidé, non seulement de renforcer le contrôle, mais aussi d’interdire complètement de tels jeux.

Günther Beckstein (Ministre de l’Intérieur CDU de l’État de Bavière) : Moi, je dis qu’il nous faut des interdictions de production. Parce que la technique a tellement évolué que le support individuel de ces jeux ne coûte plus grand-chose, de sorte que le prix de la vente et celui de la location n’ont plus beaucoup de différence. Et je dis que quand quelque chose est sur le marché, alors il peut toujours se retrouver entre les mains des jeunes, des copies peuvent se retrouver sur le marché noir ou dans d’autres circuits de distribution.

Rainer Fromm (off) : Interdiction de production – ça sonne bien. Jusqu’à aujourd’hui, les politiques n’arrivent même pas à appliquer les lois existantes. Un certificat d’indigence.

Remarques additionnelles (Shane_Fenton)

Juste après sa diffusion, ce reportage a soulevé une tempête de protestations parmi les joueurs allemands : des milliers, voire des dizaines de milliers de messages hostiles ont été envoyés à la chaîne, ou postés sur le forum de la ZDF. Parmi eux, malheureusement, des menaces de mort contre Rainer Fromm. Celui-ci est devenu l’ennemi numéro 1 de la « Gamer-Szene », bien que les sites spécialisés comme Krawall.de soient allés l’interviewer, et qu’un dialogue (précaire) ait fini par s’installer malgré tout. En 2005, Fromm récidive au sein de Frontal 21, avec un reportage plus fouillé, où il invite des scientifiques « anti-killerspiele » ainsi que des joueurs plus adultes, et mentionne la violence des attaques que l’émission a subies. Par la suite, il ne va pas manquer d’insister sur le fait qu’il a reçu plus d’attaques et de menaces que pour ses reportages sur les skinheads. La réaction des joueurs a également été étudiée par Günther Huber, qui l’a disqualifiée en la présentant comme irrationnelle et extrémiste. Sur le plan politique, il semblerait que l’émission ait eu quelques conséquences, puisque des projets de loi pour l’interdiction totale des « killerspiele » ont été déposés, notamment par la CDU.

Que peut-on tirer de ce reportage ? D’un côté, je retrouve les défauts de Rainer Fromm poussés à l’extrême : dépourvu de nuance, dogmatique voire psychorigide sur les aspects du jeu vidéo qui lui déplaisent, et incapable d’envisager qu’il peut se tromper. De l’autre, il n’y a rien, absolument rien d’un tantinet positif sur le jeu vidéo en lui-même. A tel point que parfois, je me dis qu’il y a deux Rainer Fromm : celui qui répond aux interviews et l’autre, son double, son jumeau maléfique, qui réalise les reportages. Le premier fait parfois grincer des dents sur la question des jeux « brutaux », mais il est également capable de parler des aspects du jeu vidéo qui lui plaisent, et il se montre beaucoup plus ouvert envers les First-Person Shooters que d’autres personnalités « anti-killerspiele ». Le second, quant à lui, ne parle que de ce qui lui déplaît, avec une insistance et une intransigeance qui retournent les ongles. On se demande bien pourquoi on trouve des joueurs qui se sentent personnellement attaqués par ses reportages.

Et c’est bien là le pire : à force de charger la barque, sans jamais se soucier du contexte dans lequel le jeu vidéo est plongé, le reportage manque complètement sa cible. Ce qui aurait dû être une charge contre la frange la plus « brutale » du loisir (et éventuellement contre l’incurie des politiques et de l’USK) est devenu une attaque « frontale », c’est le cas de le dire, contre le jeu vidéo dans son ensemble. Il n’y a qu’à relire l’introduction consternante de maladresse de Theo Koll, et à la mettre en parallèle avec l’incroyable campagne de calomnie politique et médiatique qu’ont subi Counter-Strike et la scène eSport… dont Rainer Fromm prétend être un fervent supporter. L’ennui, c’est qu’il a beau le clamer, ça ne change rien : à partir du moment où il a conçu son reportage exclusivement à charge, sans se soucier du contexte du débat dans lequel il s’immisçait, il s’est probablement aliéné des milliers de gens qui auraient pu être d’accord avec lui en d’autres circonstances. Je peux reprendre la quasi-totalité de ce que je disais sur lui avant d’avoir vu ce reportage et lu sa transcription. Et surtout la conclusion, qui est plus que jamais d’actualité : « A défaut de rallier les joueurs allemands à son point de vue, Fromm aurait probablement été capable de les faire réfléchir sur la question, moyennant un peu plus de tact. Mais à force d’en rajouter encore et encore, il est tombé dans tous les panneaux possibles. Il est passé pour ce qu’il n’était pas, il a même donné naissance à un style de reportage unilatéral et outrancier qui n’a fait qu’enfoncer le clou (même s’il n’apprécierait pas cette “paternité”), et finalement il a tellement braqué la communauté qu’il a rendu ses interrogations (aussi légitimes soient-elles) complètement inaudibles. Ce faisant, sa cause a peut-être régressé d’au moins 10 ans. Un véritable gâchis. »

En tout cas, maintenant, vous avez une meilleure idée de l’image du jeu vidéo qui a été véhiculée par la télé allemande. Et comme vous allez le voir dans les prochains épisodes, ce reportage, aussi outrancier soit-il, n’était même pas le pire.

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est

joueur depuis les années 80, et joueur passionné depuis 1990. Ouais, à peu près comme tout le monde ici, quoi. Sauf qu’en plus, il cause. Beaucoup. Mais alors beaucoup. C’est pas sain pour lui qu’il cause autant. Faudrait plutôt qu’il joue.


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5 commentaires »

  1. Merci, et bravo pour ce travail très intéressant.
    Je suivrai la suite avec attention.

    Tes remarques additionnelles sont tout à fait pertinentes. Comment ne pas s’indigner à l’idée qu’une telle charge contre « le jeu vidéo violent » ne se transforme finalement en un amalgame nauséabond construit à l’encontre du jeu vidéo tout court.
    Mais c’est finalement assez représentatif des grands médias d’information, y compris en France, qui, en grande majorité lorsqu’il s’agit du jeu vidéo, s’en tiennent à « dénoncer ».
    Dénoncer, c’est aussi informer. C’est très bien, encore faut-il que cela soit fait dans un contexte bien précis, et avec la mesure et l’ouverture d’esprit nécessaire. Ce qui n’est malheureusement que rarement le cas. On oublie trop souvent le contexte, et on porte un regard voilé, détourné par des œillères d’ignorance.

    Mais jamais on ne prône le beau. Le merveilleux des expériences. Sans doute parce que l’on ne sait pas (encore ?) s’y intéresser avec un regard « juste » à la télévision. Tout simplement, aussi, par ignorance.
    On sait très bien parler de littérature, de cinéma, de théâtre, de musique, etc. Mais pas de jeu vidéo.
    Cela viendra peut-être, sans doute même, un jour, lorsque les générations de joueurs, devenus journalistes etc., seront alors en charge de contenu télévisuels et de programmes.

    Et c’est vrai que c’est aussi cette carence, cette vision déformée du jeu vidéo pour le grand public, qui est entre autres choses, à l’origine de ma propre démarche qui consiste à montrer de quelle manière le jeu vidéo peut être « aussi, très beau ». Et donner à ressentir un large panel d’émotions.

    Bon courage pour la suite !

  2. Ces jeux sont sur les étalages, dans les magasins, et on ne peut certainement pas demander aux vendeuses de faire le travail qui incombe normalement au Bureau de la Protection de la Jeunesse. — Rainer Fromm

    Ce que réclament ces gars, c’est qu’on colle un fonctionnaire du Bureau de la Protection de la Jeunesse dans chaque magasin, vu que les vendeurs sont infoutus de faire leur boulot correctement. Formidable.

  3. Eh, ca résoudrait le problème du chomage si t’y penses hein.

  4. C’est marrant parce que les vendeurs de magazines et les loueurs de DVDs le font bien leur boulot, quand il s’agit de ne pas donner accès à du matériel pornographique aux mineurs. Comme quoi c’est possible…

  5. En fait, d’après ce que j’ai compris, Fromm & cie considèrent que par définition, un vendeur ne peut pas faire ce boulot-là. Donc pour lui éviter du stress supplémentaire, il n’y a qu’à interdire ces jeux. Ou en tout cas, interdire leur vente dans les grands magasins, ainsi que leur publicité dans les journaux spécialisés. C’est-à-dire les indexer. Le système d’indexation (« indizierung ») a été très bien décrit dans l’article « The Battle for Germany » :

    « What exactly does it mean when something is on the index?

    – May only be sold to people aged 18 and above.
    – May not be sold openly in a store.
    – Import, Export and mail order are forbidden.
    – May not be advertised anywhere.

    So while it’s not really banned, it’s incredibly hard to get your hands on anything that’s on the index. Adding to this, the term « advertisement » is interpreted rather lightly. Countless video game magazines have been taken off the market for reviewing a game that was on the index. Even listing the name in sales charts was interpreted as advertisement. That’s why to this day, on German websites you’ll often see Quake 3 either abbreviated as Q3 or censored into Q***3. The penalty for disobeying the ban of advertisement can go into tens of thousands of Euros. « 

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