On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Revue de presse allemande (à sec et avec du gravier)

Par • le 10/10/2009 • Entre nous

Comme promis, voici le début de la série de traductions des analyses de Stigma-Videospiele , avec pour commencer, la presse écrite (un grand merci, comme d’habitude, à mon collègue Stefan pour y avoir passé presque 3 heures). Les liens vers les articles sont donnés à chaque fois que c’est possible. Quant aux rectifications de Matthias Dittmayer, nous avons choisi de les traduire telles quelles, tout en faisant quelques remarques à ce sujet quand elles sont nécessaires. Il est vrai que l’intention de Dittmayer était d’offrir un point de vue accessible à la fois aux joueurs et aux non-joueurs, d’où, parfois, une certaine « naïveté » dans ses analyses. Malgré tout, elles restent instructives, même pour quelqu’un qui s’y connaît mieux qu’un journaliste allemand !

Presse écrite (Matthias Dittmayer)

[Voici] des extraits de journaux et de magazines qui contiennent des allégations farfelues au sujet de CounterStrike. La plupart des extraits cités commencent à dater. Depuis, les articles sur ce sujet se sont grandement améliorés, en particulier ceux publiés dans la version en ligne de ces magazines.

1. CounterStrike – Ecolières, passants, etc…

« Pendant des nuits entières, il courait avec son joystick à travers les couloirs d’école virtuels en essayant de tuer un maximum de professeurs et d’élèves en un minimum de temps »
(Bild)

« Apparemment, CounterStrike a inspiré et entraîné Steinhäuser pour son action. Dans le jeu, un policier, un passant et une écolière sont tués avant que l’auteur de l’attentat ne soit tué. »
(Neue Solidarität, 19/2002)

« Le jeu en ligne CounterStrike, populaire et indexé […] le jeu dans lequel il faut tuer tout le monde, les policiers (même des forces spéciales) les passants, même les écolières. »

(FAZ)

« Les grands-mères avec leurs poussettes et les écolières apportent des points supplémentaires dans le jeu PC CounterStrike. »
(Hamburger Abendblatt, 19.04.2002 – d’après GameStar)

« Ici, on prend des otages et on tue des écolières. La fille porte une jupe à carreaux et une blouse blanche. Elle est surprise quand la porte s’ouvre. La dernière chose que l’écolière aperçoit avant de mourir est la lueur dans la détonation de l’arme automatique que l’assaillant a braqué sur elle. Sa blouse se teint en rouge. Cible éliminée. »

(Rheinische Post, 29.04.2002)

Pour résumer, on affirme que dans CounterStrike, en tant que tireur fou, on doit éliminer dans un minimum de temps des policiers, des passants, des écolières, des professeurs, et des grands-mères avec poussettes.

La vérité est la suivante. Dans CounterStrike, il existe une variante du jeu, dans laquelle les terroristes détiennent 4 otages, des scientifiques en blouse blanche. On n’a pas besoin de les prendre en otage, mais dès le début du jeu, ils sont prisonniers des terroristes. Ceux-ci n’ont pas pour objectif de tuer les otages, d’ailleurs s’ils le font, ils perdent des points. Ces 4 otages (il n’y en a jamais plus) doivent être libérés par une unité anti-terroriste. Bien sûr, cette unité ne doit pas non plus les tuer. Il n’y a pas d’autres personnes que les unités anti-terroristes, les terroristes, et les 4 otages. Il n’y a pas de passants, pas de policies, pas de professeurs, pas d’écolières, et pas de grands-mères avec poussettes. De plus, dans les cartes originales du jeu, il n’existe pas d’école.

Or il est possible de créer soi-même des cartes pour ce jeu. Ainsi on peut rejouer le scénario de libération d’otages décrit plus haut dans une école. Il est également possible de modifier l’apparence des 4 otages. Ainsi, il existe plusieurs sites internet sur lesquels on peut remplacer les vieux scientifiques par des jolies femmes. Théoriquement, on pourrait également introduire des écolières.

Cependant, le but n’est jamais de tuer les otages (quelle que soit leur apparence), et il n’y a pas d’autres civils que les otages. CounterStrike ne se joue pas avec le joystick, mais avec la souris et le clavier, et il n’est pas indexé.

2. CounterStrike – tressaillements, équipes de terroristes

« L’un de ses jeux préférés était ‘Counterstrike’, un Killerspiel, dans lequel deux unités terroristes ennemies se font la guerre. Des cagoulés y chassent d’autres cagoulés à travers des paysages désertiques et des zones en béton gris foncé, et les tiennent dans le collimateur de leurs mitraillettes virtuelles, lesquelles lancent des éclairs blancs – jusqu’à ce que l’écran entier tressaille et soit recouvert de rouge: La victime se vide de son sang, le but est atteint, le joueur gagne. »
(Spiegel, 18/2002)

Il ne s’agit pas de deux unités terroristes ennemies qui se font la guerre, mais d’une unité terroriste contre une unité anti-terroriste. L’auteur ne savait sans doute pas que les « Counter » ne sont pas des terroristes, mais des membres des forces spéciales de la police. On ne peut pas émettre d’éclairs blancs, ni faire tressaillir l’écran et le repeindre en rouge. Peut-être que l’auteur voulait parler des grenades aveuglantes, ou bien du mod WC3-CS.

3. CounterStrike – Les armes

« Counterstrike est le nom du jeu vidéo dans lequel le tireur fou Bastian B (18 ans) a trouvé  l’inspiration pour son acte de folie meurtrière à Emsdetten. Dans ce jeu, on se fait la chasse en équipe. Avec des couteaux, des pistolets, des fusils et lance-roquettes. »
(Bild)

« Ils […] font exploser des voitures […]. Les armes les plus appréciées sont les fusils à pompe, parce qu’ils rapportent le plus de points. »
(Hamburger Abendblatt, 19.04.2002)

Dans CounterStrike, il n’existe pas de lance-roquettes, et les fusils à pompe ne rapportent pas « plus de points ». En réalité, les tirs de fusil à pompe sont mieux évalués dans le classement de fin de partie, car ces armes sont plus difficiles à manier, mais il n’est pas sûr que le journaliste ait voulu parler de ce classement. Par ailleurs, on ne peut pas faire exploser de voitures.

4. CounterStrike – Objectif

« […] comme Resident Evil ou Counterstike, dont le but est de tuer de manière brutale le plus de personnes possibles. »
(Die Zeit, 04.05.2002)

Tuer un maximum de personnes n’est pas le but, et la brutalité n’est pas significative.

5. Jeux vidéo – sans ordinateur ?

« La ministre bavaroise de la famille Christa Stewens (CSU) a exigé l’indexation des jeux vidéo tels que  « Gotcha »,  « Paintball » et « Laserdome ». »
(Die Süddeutsche, 21.11.2006)

Les jeux cité sont des jeux en plein air (des « vrais » killerspiele) et pas des jeux vidéo (même s’il existe parfois des adaptations vidéoludiques). Le communiqué de presse original sur laquelle l’article est basé ne contient pas cette erreur, apparemment c’est le journaliste qui s’est trompé.

6. Des jeux vidéo – pas des films

« Dans le combat contre les soi-disant killerspiele, l’union européenne compte dénoncer les vidéos les plus violentes sur Internet. »
(Reuters/Financial Times Deutschland, 16.01.2007)

Un film n’est pas un jeu vidéo, même si on peut aussi le regarder sur PC.

7. Législation actuelle – Ignorance

« L’article 131 n’a eu aucun effet jusqu’à aujourd’hui, et si le mode d’emploi du jeu incite à torturer quelqu’un et à gagner plus de points avant de lui couper la tête avec une tronçonneuse, alors il s’agit de quelque chose que je n’arrive pas à comprendre, et je ne comprends pas davantage qu’une chose pareille puisse être produite. C’est pourquoi on devrait l’interdire. »
(Uwe Schünemann dans Panorama, 22.02.2007)

Ironiquement, le jeu auquel Schünemann se réfère est déjà interdit selon la législation actuelle. Pour des jeux comme celui-ci, il existe donc déjà une interdiction de production et de vente.

8. Final Fantasy – Le film violent Harry Potter

« Des lycéens réputés gentils ont reproduit dans la réalité le jeu vidéo  « Final Fantasy VII » » [une image montre un homme avec un pistolet]
(Bild)

« Juste avant la tuerie de Tessin qui a fait deux morts, les deux jeunes gens de 17 ans avaient visionné la vidéo violente « Final Fantasy » »
(Süddeutsche/Kölner Stadtanzeiger, 18.01.2007)

L’image intitulée Final Fantasy VII n’est pas tirée du jeu éponyme, mais du film  Final Fantasy – Les Créatures de l’Esprit. Il est vrai qu’il existe un jeu vidéo qui s’appelle  Final Fantasy VII, mais celui-ci est accessible à partir de 12 ans, et ne compte pas parmi les killerspiele. Il existe effectivement un Shooter intitulé Final Fantsy VII – Dirge of Cerberus, mais celui-ci n’existe que pour console et pas pour ordinateur.

Le « film violent » mentionné plus haut,  Final Fantasy – Les Créatures de l’Esprit, est accessible à partir de 12 ans, tout comme  Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

9. Les variantes multijoueurs – Objectif, contenu

« Même les enfants peuvent se procurer facilement par Internet ce qui n’est pas disponible dans le commerce. Comme ces jeux [tels que GTA San Andreas], où celui qui viole le plus de femmes remporte la partie. »
(Panorama, 22.02.2007)

On affirme que dans GTA : San Andreas, le gagnant est celui qui viole le plus de femmes. Ceci n’est pas vrai. Il n’existe parmi les killerspiele aucun jeu dans lequel on peut violer des femmes « comme ça ». Il n’y a qu’en Asie ou aux USA [si vraiment il était nécessaire de comptabiliser Custer’s Revenge dans le lot] où il existe des « jeux » qui ont comme sujet le viol – mais ils ont peu en commun avec les « Killerspiele ». Entre temps, Panorama a finalement remarqué que le viol n’était pas l’objectif du jeu GTA: San Andreas.

« Il ne s’agit que de meurtre. Plus c’est brutal, plus c’est réaliste – mieux c’est. […] Exécuter, torturer, assassiner. Environ 1,5 million de joueurs en Allemagne jouent aux soi-disant Egoshooter – Killerspiele. […] Les Nazis contre les Américains, sur les champs de bataille originaux de la Seconde Guerre Mondiale. »
(Panorama, 22.02.2007)

J’ai fait quelques recherches pour répondre à ce tissu de mensonges. J’ai répertorié tous les jeux auxquels plus de 300 personnes jouent en ligne dans le monde entier.
– Il n’y a aucun jeu où l’on peut jouer le rôle d’un nazi.
– Il n’y a aucun jeu qui incite à tuer de manière plus brutale.
– Il n’y a (quasiment) aucun jeu où l’on peut torturer d’autres joueurs.
Dans un jeu, dans lequel un commando des forces spéciales doit libérer des otages, c’est un joueur qui incarne l’otage lui-même contrairement à CounterStrike. Il arrive que certains terroristes utilsent des gaz lacrymogènes par pur plaisir pour agacer les autres joueurs. Si on veut appeler ça de la torture, alors la torture n’existe que dans un seul jeu, et ce n’est même pas son objectif. Les gaz lacrymogènes sont en fait prévus contre les forces spéciales.
– Il n’y a (quasiment) aucun jeu où l’on peut exécuter ou assassiner des joueurs.
Dans le jeu où une équipe doit libérer des otages et une autre équipe tente de l’empêcher, les otages peuvent évidemment trouver la mort. Un joueur peut, s’il le souhaite, tuer un otage. Ceci pourrait être appelé « exécution » ou « assassinat ». Cependant, ceci peut enlever des points, et ce n’est pas le but du jeu.
– Tous les jeux n’imposent pas à une équipe de tuer le plus d’adversaires.
Je vous ai déjà expliqué certaines variantes de jeu sur le lien « Shooter » [pas encore traduit]. En particulier la variante Deathmatch. Il s’agit de la seule variante dans laquelle le joueur ou l’équipe qui gagne le plus de duels virtuels remporte la partie. Je trouve que cette variante n’est pas particulièrement condamnable, mais je voudrais mettre à bas la croyance selon laquelle cette variante est la plus jouée en ligne
J’ai étudié quelques statistiques et fini par conclure que 86%  des joueurs pratiquent des jeux où il n’y a pas de Deathmatch. Tous ceux qui en font ne jouent pas qu’à ça. Tout compte fait, il n’y a que 5,25% des joueurs qui pratiquent exclusivement le Deathmatch.

10. Armée américaine – Entraînement à tuer

« Dans les années 90, l’armée américaine s’est entraînée avec ce genre précis de jeux, afin d’éliminer les inhibitions naturelles qui empêchent l’homme de tuer son semblable. Et ce sont ces jeux-là auxquels nous entraînons aujourd’hui nos enfants dès l’âge de 10 ans. »
(Bild)

« Ce n’est pas sans raison que l’armée utilise des images digitalisées afin de diminuer la résistance de leurs soldats vis-à-vis de l’acte de tuer. »
(Münchner tz)

L’armée américaine soutient certains jeux vidéo, tout comme elle soutient des films issus de Hollywood (par exemple des films de James Bond). En tant que publicité pour l’armée américaine, un jeu gratuit, America’s Army, a été développé. Des soldats sont effectivement entraînés dans des environnements virtuels, donc des simulations. Dans certains cas, ces simulations existent sous forme de jeux vidéo, ou bien les jeux vidéo modifiés sont utilisés pour les simulations. Cependant, dans la plupart des cas, l’objectif est de s’orienter dans un terrain inconnu, de collaborer efficacement en équipe, ou de répéter certaines stratégies. Et finalement, un exercice virtuel est moins cher qu’un exercice réel. Ces jeux sont :
Marine Doom (Doom II)
Virtual Battlefield System (Operation Flashpoint)
Full Spectrum Warrior (Full Spectrum Warrior)

On dit souvent que l’armée américaine essaye d’entraîner leurs soldats à tuer à travers des jeux vidéo. Je n’ai pas pu trouver de sources au sujet d’une telle tentative d’entraînement. Seulement au sujet de son résultat :

« Cela n’a pas marché. »
(Stern)

De plus, les cibles rondes utilisées dans l’entraînement réel ont été remplacées par des silhouettes humaines, qui tombent quand elles sont touchées, afin de réaliser ce but.

11. Killerpiele – uniquement sur PC ?

« Les vrais fans de shooters ne jouent que sur PC. Les raisons : la présentation réaliste du monde requiert une performance énorme en calculs et en graphismes. Ainsi, quand un enfant est assis devant une console, il devrait être en train de jouer à des jeux plutôt inoffensifs, ou du moins ne pas se transformer en un fanatique d’Ego-Shooters. […] Un PC d’ancienne génération ou un portable bon marché est d’ailleurs également un bon choix car ils ne permettent pas de lancer des Ego-Shooters. »
(Münchner tz)

Il existe de nombreux shooters pour consoles. Y compris les plus « brutaux » : Doom 3 (sur Xbox) et F.E.A.R. (sur PlayStation 3). Selon un sondage du magazine Gamepro, les FPS sont même le deuxième genre le plus populaire sur console. Les FPS existent d’ailleurs depuis 1992, les plus anciens tournent donc sans problèmes sur des « portables bon marchés » ou des « PC d’ancienne génération ».

12. Contenu racoleur – son origine

Après l’amoklauf d’Erfurt le magazine spécialisé GameStar a fait l’effort de proposer un débat objectif, afin que les journalistes voient le contenu du jeu CounterStrike. Toutefois, ceux-ci s’intéressaient moins à une présentation objective du jeu qu’à ses aspects les plus racoleurs, et ont harcelé les rédacteurs de GameStar à ce sujet :

« Allez-y, tirez sur les civils, qu’est-ce que vous attendez ! »

Et ceci bien que le jeu ne le demande pas, mais en plus sanctionne ce genre de comportement.

13. Doom 3 – Premier shooter de l’histoire ?

« En 2004 le jeu « Doom 3 » fut publié en Allemagne: c’était la première fois que les joueurs ont pu tuer leurs adversaires en vue subjective à la première personne dans un labyrinthe en 3 dimensions. »
(Welt Online, 14.10.2007)

Le premier shooter en 3D fut MidiMaze, qui est sorti en 1987. Les prédécesseurs de Doom 3, Doom II (10.10.1994) et Doom (10.12.1993), sont sortis « un peu » plus tôt. Les journalistes du Die Welt se sont donc légèrement plantés. Les shooters en 3D n’existent pas que depuis 3 ans, mais depuis 20 ans.

14. Tireur fou – Joueur de killerspiele

« Le fait est que tous les jeunes tueurs de masse qui, aux USA et en Allemagne, ont abattu des condisciples et des professeurs avec un sang-froid incroyable, ont joué à ces Ego-Shooter. »
(Münchner tz)

Le fait est que c’est n’importe quoi. Selon une étude du gouvernement américain, il n’y a que 12% des adolescents tueurs qui ont joué à des jeux vidéo violents. Le tueur de Blacksburg [Virginia Tech] n’y jouait même pas.

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est

joueur depuis les années 80, et joueur passionné depuis 1990. Ouais, à peu près comme tout le monde ici, quoi. Sauf qu’en plus, il cause. Beaucoup. Mais alors beaucoup. C’est pas sain pour lui qu’il cause autant. Faudrait plutôt qu’il joue.


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10 commentaires »

  1. Flippant… Tout simplement flippant… J’aurais jamais cru qu’un journaliste, en sa qualité d’informateur avec une vision objective, puisse publier de telle chose. C’est limite choquant tellement les mensonges sont gros, tellement c’est discréditer un support.

  2. Merci pour le panorama, je pensais pas que c’était à ce point…

    Juste un détail sur le point 9 et la possibilité de jouer un nazi dans un jeu multi-joueur : est-ce que Day of Defeat (et son évolution Day of Defeat : Source) ne rentrerait pas dans cette « case » ?
    Les 2 versions sont pas mal jouées et opposent forces allemandes et américaines pendant la 2nde guerre mondiale.
    Dans le même genre, il y a aussi Red Orchestra (mais sur le front russe).

    Après, ça ne remet pas en cause le fait que la brutalité ne soit pas récompensée, c’est juste pour ne pas prêter le flanc à la critique :)

  3. Le point 9 m’a fait tiquer aussi: ce ne sont pas les jeux basés sur la 2nde guerre mondiale et permettant de jouer le camp allemand en multi qui manquent (je pense par exemple à Return to Castle Wolfenstein ou aux Call of Duty). Après, il est vrai que l’on n’y joue pas forcément de réels membres du parti Nazi, mais des soldats de la Wehrmacht… Mais là c’est quand même un peu hypocrite de la part de Dittmayer, je trouve.

  4. Le point est effectivement peu clair. D’autant que si ma mémoire est bonne, dans Return to Castle Wolfenstein en version multi, on peut jouer, non pas des membres de la Wermarcht, mais de la SS (et si on voulait faire bonne mesure, il faudrait rajouter les innombrables wargames sur les batailles de la seconde guerre mondiale, où la SS a participé.

    Il y a aussi autre chose avec laquelle je ne suis pas d’accord : il existe des jeux où le joueur peut torturer ses adversaires, notamment Spycraft : The Great Game, ou dans une moindre mesure Le Parrain (même si ce ne sont pas des jeux multijoueurs). Mais de toute manière, je compte faire quelques « remarques additionnelles » à ce texte, comme je l’ai fait pour les autres. Dittmayer m’a donné carte blance même pour ça, alors je ne vais pas m’en priver.

    Cela dit, pour en revenir à cette anthologie de la presse écrite allemande, il faut ajouter que depuis quelque temps, il y a « un peu » moins de conneries qu’avant. Par exemple, plus personne ne se permet d’affirmer que dans Counter-Strike on peut tuer des écolières ou des mémés avec leurs poussettes.

  5. Hmm en fait je viens de repenser à un truc: les FPS se déroulant pendant la WW2 sont-ils autorisés en Allemagne ? Parce que s’ils y sont tous interdits ça irait un peu dans le sens du point 9 de Dittmayer.

  6. En fait, en Allemagne, les symboles nazis constituent de la « propagande pour des partis anticonstitutionnels », donc les jeux qui les dépeignent sont réécrits pour échapper à l’indexation, voire à l’interdiction pure et simple.. Par exemple, Return to Castle Wolfenstein a dû être réécrit là-bas, afin qu’on ne se batte plus contre des nazis, mais contre une obscure « fraternité du loup ».

    En gros, pour répondre à ta question, les FPS se déroulant pendant la seconde guerre mondiale sont autorisés, mais seulement à condition qu’on ne voit pas de svastikas ou d’autres symboles nazis (portraits d’Hitler et compagnie). Et encore, cela n’empêche pas d’avoir des polémiques à propos de jeux autorisés (comme Company of Heroes, Sudden Strike, ou les mods de Call of Duty « débloquant » les symboles nazis).

  7. Liste des jeux interdits en Allemagne : http://www.cybercafe-software.com/indexlist.html

    Techniquement ce qui est interdit c’est l’apologie guerrière et la référence nazie, ce qui est assez vague pour le premier cas…

    Sinon très bon bêtisier Shane…. si ça pouvait en être un…. :s

  8. Flippant… Tout simplement flippant… J’aurais jamais cru qu’un journaliste, en sa qualité d’informateur avec une vision objective, puisse publier de telle chose. C’est limite choquant tellement les mensonges sont gros, tellement c’est discréditer un support.

    C’est pas tout a fait le même sujet, mais pour mémoire souvenez-vous de france 2 et des sois-disant Otakus qui se seraient suicider avec des poches de cyanure (ou je sais plus quoi)… C’est juste dommage que les joueurs soient mis sur le même plan que les Nazi, les violeurs, les tueur extrémistes et j’en passe.

    Si vous voulez il y à même un podcast de gameblog qui parle assez justement de la violence sur les jeux vidéos c’est très intéressant et ce permet d’avoir quelques clefs notamment sur le sujet des tueries en allemagne.

    http://www.gameblog.fr/podcast_99_podcast-n-96-jeux-video-attention-danger

  9. Avec des poches de silicone.

  10. D’ailleurs, cet exemple suffit à nous rappeler (si besoin était) qu’en termes d’incompétence crasse, les médias français n’ont rien à envier à leurs voisins. Je pense même qu’on a assez de matière pour établir une revue de presse/télé/politique bien de chez nous, et l’envoyer à nos camarades allemands, histoire de leur dire : « nous aussi, on a eu mal au cul pendant des années ».

    Je crois même que je commencerais par ces citations :

    « Qu’on se rappelle la rumeur qui courut en mai [1993] lors du drame de la maternelle de Neuilly : ‘H.B.’, le preneur d’otages, serait devenu fou en jouant avec Super Mario sur console vidéo. »
    (Le Monde Diplomatique – source -)

    « La prise d’otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine est doublement inédite : elle n’a pas de précédent dans les annales de l’Education Nationale et elle pourrait marquer la première intrudion dramatique de l’univers des jeux vidéo dans la réalité. Le profil psychologique du preneur d’otages tel qu’il a été dressé par les responsables de la police judiciaire s’apparente en effet au portrait d’un maniaque de « Super Mario », « Megamania » et autres « Zelda », ces « video games » dont la vogue acutelle touche aussi bien les enfants que les jeunes adultes »
    (Le Figaro, mai 1993)

    « Nous avons affaire à un individu perturbé, mais d’un bon niveau intellectuel. Une sorte de dingue des ordinateurs qui a de toute évidence conçu son scénario sur les principes des jeux de rôles »
    (Citation d’un « patron de la lutte anti-terroriste », Le Figaro, mai 1993, même article)

    « Comme dans les jeux de rôles, les participants prononcent une formule codée : elle signifie qu’ils adhèrent au scénario édicté par le concepteur de la prise d’otages. Comme dans « Super Mario 2 », l’acteur se protège dans son parcours par des « vies » – celles des enfants -, des « superpouvoirs » – ceux procurés par des explosifs – et cherche à gagner des pièces d’or. »
    (Le Figaro, mai 1993, même article)

    Les citations de l’article du Figaro ont été retrouvées dans la rubrique « Courrier des lecteurs » d’un vieux numéro de Super Power.

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