On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Autopromo et copinage : « L’Histoire des jeux vidéo polémiques vol. 1 »

Par • le 30/11/2013 • Entre nous, Vite dit

Si le titre vous dit quelque chose, c’est normal : il y a un peu plus d’un an, je vous ai déjà présenté Benjamin Berget, ainsi que son livre dont le titre initial était La Bible des Jeux Vidéo Polémiques, et où j’apparaissais en guest-star dans une interview de plus de 40 pages. Mais à l’époque, l’ouvrage n’était disponible qu’en version électronique. Depuis, il a été refondu, considérablement retravaillé, et étoffé, au point de tenir désormais sur 3 volumes. Le premier (qui contient mon interview) vient d’ailleurs de sortir, en version électronique toujours, mais aussi en version imprimée s’il vous plaît, chez Mon Petit Editeur. Vous pouvez le commander directement sur leur site ou dans toutes les bonnes librairies. Quant à savoir pourquoi vous le feriez… on y vient !

Reprenons depuis le début : cela fait un petit moment que je parle d’écrire un livre qui synthétiserait tout ce que je pense du traitement médiatique du jeu vidéo, en particulier sur la question de la violence. Pendant que je parle, d’autres agissent… et finissent par publier. C’est le cas de Benjamin Berget, a.k.a. Platon21, qui a contribué ou contribue à de nombreux organes de la presse et du web spécialisés (Geek Magazine, RetroPlaying, et bientôt Retro vers le Futur et RetroMag…), et qui est aussi, accessoirement, le gagnant du concours de dessin organisé par Siné Mensuel l’an dernier. Ce jeune diplômé de philosophie aux multiples talents vient donc de publier le premier volume d’une trilogie consacrée, comme son nom l’indique, à l’Histoire des Jeux vidéo Polémiques : plusieurs centaines de pages décortiquant des dizaines de jeux classés par thème (action, érotisme…) et retraçant 30 ans de controverses politiques, économiques, judiciaires et autres. Un travail de longue haleine, une oeuvre qu’il a portée à bout de bras pendant des années, un bébé qui a fini par naître après un accouchement particulièrement difficile (la faute aux éditeurs successifs qui disaient sans arrêt oui et non, oui mais non, oui puis non…). Une étude, qui me paraît inédite en France, sur un sujet pourtant ancien et inépuisable.

Voilà pour le copinage. Passons maintenant à l’autopromo : comme je l’ai dit, je suis interviewé dans ce premier volume. En effet, il y a 2 ans, la version initiale de l’ouvrage était pratiquement terminée quand son auteur m’a très gentiment contacté pour me demander un entretien par e-mail. Il m’a posé 5 questions; je lui ai répondu en long, en large et en travers. Il m’a attendu patiemment, pendant des mois, sans jamais me relancer. Il a lu et relu ma prose assomante, et l’a entrecoupée de questions intermédiaires pour la rendre plus digeste. Au final, il a gardé plus de 90% de mon texte, bien qu’il soit étalé sur des dizaines de pages. L’entretien s’est tellement bien passé qu’il a récidivé l’an dernier, et cette année, ce qui fait que j’apparaîtrai dans les 3 volumes ! C’est non seulement très chic de sa part, mais aussi très courageux, car nous avons tout de même quelques divergences.

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Quand il m’a contacté pour la première fois il y a 2 ans, il me félicitait d’être un « militant infatigable du jeu vidéo » (sur la base de mes écrits de « jeunesse »); je me voyais au contraire comme une (ex-)sentinelle bien fatiguée. Il pensait, en se basant entre autres sur la tuerie d’Oslo, que les jeux vidéo n’avaient pas fini d’être attaqués et montrés du doigt; je pensais pour ma part, moi aussi en me basant sur la tuerie d’Oslo (et celle de Toulouse) que vouloir défendre les jeux vidéo était un combat d’arrière-garde, et que sur le plan de la violence en tout cas, il n’y avait plus de polémique d’envergure depuis un petit moment. Bref, les sujets de clivage étaient nombreux entre nous. Et pourtant, j’estimais que sa vision du débat sur la violence vidéoludique méritait de s’exprimer, d’autant qu’elle était partagée par beaucoup de joueurs, car basée sur un passé douloureux. Et surtout, malgré nos divergences, il n’a pas hésité à m’offrir une tribune, à me donner tout le temps qu’il me fallait pour l’écrire, et à la publier sans aucune censure. Grâce à lui, j’ai pu livrer le fond de ma pensée comme je ne l’avais jamais fait auparavant en dehors de mes articles sur ce blog (et sur Canard PC). Et grâce à lui, j’ai pu publié sur plus de 40 pages, même si initialement c’était en version électronique.

C’est d’ailleurs ce qui explique qu’à part la section concernant mon interview, je n’ai relu la première mouture de l’ouvrage que d’un oeil très distrait. Comme ce n’était pas mon livre ni ma vision, je ne me sentais pas d’émettre des critiques. Par exemple, le dossier initial sur Familles de France me paraissait vain et à côté de la plaque, parce que l’accent était mis sur l’idéologie cachée de cette association et de ses membres. J’estimais pour ma part que c’était une perte de temps, et que par le passé, cet angle d’attaque avait empêché l’élaboration d’une vraie critique de l’action de cette association contre les jeux « violents ». Mais l’auteur avait été au bout de sa démarche et avait fini par publier son livre, pas moi. Bref, je m’étais imposé un « devoir de réserve » sur le fond, qui m’a empêché de regarder de plus près la forme. Et c’était une erreur, car les défauts de jeunesse de ce livre, dépourvu d’une relecture éditoriale sérieuse, étaient flagrants : coquilles, manque de structure, récit qui partait dans tous les sens… C’est d’ailleurs pour cette raison que cette version initiale et brouillonne a été retirée des ventes (tout comme j’ai retiré l’article que je lui avais consacré, vu qu’il ne se justifiait plus, et que de toute façon je l’ai largement recyclé pour écrire celui-ci).

C’est aussi pour cette raison que j’ai relu avec la plus grande attention le premier volume de cette nouvelle mouture. Ce qui m’a permis de constater le saut qualitatif. En particulier, le nouveau dossier sur Familles de France est définitivement meilleur que l’ancien : il est bien mieux écrit, plus recherché, et il se concentre davantage sur les faits que sur des spéculations idéologiques. De même, le reste du livre a été expurgé de ses coquilles et de ses erreurs de jeunesse. Quant à l’entretien que j’ai eu avec lui, il me paraît toujours d’actualité.

D’ailleurs, puisqu’on parle d’actualité, il est vrai que depuis l’an dernier, d’autres publications récentes, consacrées à Grand Theft Auto, ont abordé par ricochet la question de la violence vidéoludique (je pense à Jacked de David Kushner, traduit en français par Laurent Jardin, ainsi qu’à GTA IV, l’envers du rêve américain d’Olivier Mauco). Mais ces monographies ne rendent que plus nécessaire la publication des livres de Benjamin Berget, qui abordent ces polémiques de manière plus globale, et qui sont les seuls à ma connaissance à traiter non seulement de GTA, mais aussi de Familles de France, de Carmaggedon, de Rapelay, de Dave Grossman, de la couverture de Joystick consacrée à Lara Croft, et de bien d’autres choses que vous découvrirez en les achetant. En commençant par le premier volume, disponible pour vous en version imprimée.

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joueur depuis les années 80, et joueur passionné depuis 1990. Ouais, à peu près comme tout le monde ici, quoi. Sauf qu’en plus, il cause. Beaucoup. Mais alors beaucoup. C’est pas sain pour lui qu’il cause autant. Faudrait plutôt qu’il joue.


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Un commentaire »

  1. Pour ma part je dirais que les jeux d’aujourd’hui sont d’un tel réalisme que ça ne m’étonne pas trop qu’à certain jeune ça leur fait faire des conneries. Mais quoi qu’il en soit cela reste des JEUX et n’est qu’une fiction. Va savoir ce qui se passe dans la tête de certain jeunes. De nos jours ont est loin de Mario.

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