On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Simulateur de chauve-souris • Editeur: Eidos Interactive • Date de sortie: Septembre 2009

Batman: Arkham Asylum

Par • le 6/10/2009 • À la une, PC, PlayStation 3, Tests & previews, Xbox 360 • Exemplaire du jeu fourni par l'éditeur •

Tu pensais pourtant m’avoir maîtrisé alors que ta rutilante Batmobile faisait vrombir son imposant moteur sous une pluie battante pour me raccompagner jusqu’à ce bon vieil asile d’Arkham. Tu pensais m’avoir remis au frais pour longtemps même si quelque part le fait de m’avoir attrappé si facilement te faisait te poser des questions, hein Batou… Que dire de plus ma chère chauve-souris si ce n’est que TU AVAIS RAISON, et tu es maintenant mon invité, HAHAHAHAH ! QUE LA FÊTE COMMENCE !

Si t’es chauve, souris

Si vous avez déjà lu notre preview de Batman: Arkham Asylum vous êtes au courant que le titre s’annonçait déjà comme plutôt bon. Coupons court au suspense (de toute façon la totalité des sites spécialisés professionnels de la planète l’a déjà dit): les promesses sont toutes largement tenues et l’on est en présence d’un jeu totalement exceptionnel.

Ce type n'a pas l'air net...

Ce type n’a pas l’air net…

L’histoire débute donc alors que Batman accompagne son ennemi juré, l’extravagant Joker, jusqu’à sa cellule au sein de l’asile psychiatrique de haute sécurité d’Arkham, situé sur l’île du même nom dans la baie de Gotham. Intrigué par la facilité avec laquelle le dément psychopathe s’est laissé appréhender, le chevalier noir décide de l’escorter jusqu’à sa cellule ce qui est l’occasion pour le joueur de découvrir les différentes commandes, qu’il s’agisse du zoom, de la course, de l’accroupissement ou du mode détection. C’est aussi un joli moyen de mise en scène pour découvrir différents protagonistes comme le directeur de l’asile Quincy Sharp, le garde Aaron Cash, le commissaire James Gordon ou bien le criminel lézaroïde Killer Croc. Bien évidemment quelques secondes plus tard, le Joker abuse un garde et en profite pour se faire la malle tandis que Batman, impuissant, observe la scène derrière une vitre blindée. Expliquant que ses hommes ont tous été transférés à Arkham depuis la prison de Blackgate suite à un incendie, le Joker souhaite à Batman bien du courage pour ressortir de l’asile vivant et commence son entreprise de destruction. Durant tout le déroulement du jeu, la voix du Joker sera présente en filigrane, soit pour haranguer ses troupes, soit pour carrément se moquer d’eux, ou encore pour titiller un peu plus son éternel adversaire. Ambiance garantie, surtout que le doublage VF est de qualité, avec un petit moins pour Batman légèrement en retrait et qui est le seul à ne pas avoir la même voix que dans le dessin animé. Dommage.

Le chauve saoul rit

Ah, ça va faire paf

Ah, ça va faire paf

En guise de mise en jambes, le premier combat oppose le chevalier noir à une poignée de détenus, l’occasion de découvrir le système de combos. D’une simple pression sur le bouton d’action Batman ira enchaîner les coups de poing dans la figure d’un affreux. Si un autre ennemi s’approche d’un peu trop près il suffit de s’orienter dans sa direction pour lui fondre dessus d’un magistral coup de pied. Dans le cas où un adversaire serait sur le point de parvenir à frapper une indication apparaît au dessus de sa tête (en mode Normal: en mode Difficile, celle-ci disparaît) et d’une pression sur le bouton de parade on effectue non seulement un blocage, mais également une contre-attaque que l’on peut enchaîner en combo. Plus l’on effectue de combos, plus le multiplicateur de points augmente. Plus de points, c’est également plus d’expérience, et plus d’expérience permet de débloquer de nouveaux coups (la projection, le finish instantané) ou des améliorations Waynetech pour l’équipement de Batounet comme par exemple les batarangs triples. Ces batarangs sont, comme la plupart des autres équipements, utilisables en plein combat afin d’assommer provisoirement les adversaires avant de revenir leur faire leur affaire. Ce système simple de gratification pousse à soigner au maximum ses combos, la séquence bourre-pif / blocage permettant de virevolter de façon fluide et plus qu’agréable entre les affreux et de multiplier les pains. Dans leur gueule.

Pourtant, malgré cet aspect baston extrêmement bien foutu, Batman: Arkham Asylum n’est pas qu’un simple beat’em all. A vrai dire, les combats au corps à corps ne représentent qu’un tiers du jeu, grand maximum, puisque lorsque des ennemis armés de fusils de sniper ou de bons gros fusils à pompe font leur apparition il conviendra de la jouer fine lors de passages d’infiltration très efficaces. Rester le plus discret et silencieux possible, utiliser l’environnement à son avantage, s’approcher doucement d’un ennemi dans le dos pour l’éliminer en silence, voire même le plus excitant: se suspendre la tête en bas à une corniche pour mettre hors d’état de nuire le malandrin qui aurait l’imprudence de passer en dessous. Tout simplement jouissif.

On se tait dans une bibliothèque !

On se tait dans une bibliothèque !

Une fois la pièce vidée de ses occupants, on a alors tout loisir pour l’explorer dans ses moindres recoins, de même que l’île qui se révèlera remplie de secrets. Le mode « détection » met en évidence preuves, pistes à suivre, adversaires armés ou non. Ce mode est tellement utile que l’on se retrouve d’ailleurs à l’utiliser la majeure partie du temps: le célèbre Riddler alias Edouard Nygma a dissimulé énigmes et trophées un peu partout, et récupérer ceux-ci permet de gagner encore plus de points d’expérience en plus de débloquer nouveaux modes des jeu, figurines et biographies de personnages historiques de l’univers Batmanesque (ceux-ci figurant ou non dans le jeu). Des enregistrements d’entretiens avec différents patients permettent également, dans la même veine que ceux de Bioshock, d’en apprendre un peu plus sur les cinglés qui vous entourent. Et à quoi peuvent bien servir ces mystérieuses pierres, sortes de stèles dédiées à la mémoire d’Amadeus Arkham, fondateur de l’asile ?

Chauffe, sous-riz !

Le Joker ayant profité de son évasion pour libérer quelques-uns de ses congénères, et certains d’entre eux faisant partie intégrante de son machiavélique plan, Batman rencontrera donc au cours de son enquète plusieurs ennemis connus: Poison Ivy, Killer Croc, Bane ou autres Zsasz seront de la fête, sans oublier l’Épouvantail qui viendra hanter les pires cauchemars de Batman lors de confrontations… surprenantes. Il serait d’ailleurs dommage d’en révéler trop sur le sujet tellement ces passages d’anthologie manifestent d’un réel effort de la part des développeurs pour fournir un travail soigné mû par un amour du personnage de Batman et de son univers.

Cochon pendu

Cochon pendu

Puisqu’on parle d’efforts, ne passons pas sous silence quelques petits détails qui sentent bon le boulot bien fait: au fur et à mesure du déroulement de la nuit, la luminosité ambiante change, la barbe de Batman pousse, son costume est de plus en plus abîmé suite aux moult combats qu’il a dû livrer. Les ennemis défaits ne se relèvent jamais, les différents immeubles ont tous une « patte » bien à eux qui fait qu’il est impossible de les confondre. Techniquement c’est du tout bon avec des environnements parfaîtement maîtrisés et un framerate difficile à prendre en défaut. La maniabilité, exemplaire, nécessite un léger temps d’adaptation le temps de se faire aux multiples mouvements possibles mais offre ensuite une expérience de jeu démente. Les thèmes musicaux, s’inspirant à la fois des compositions de Danny Elfman et de celles de Hans Zimmer, sont plus qu’efficaces et soulignent avec justesse l’intensité dramatique des passages les plus forts. Enfin, la collecte des éléments cachés est, grace aux bonus qu’elle apporte, à des années-lumière du cauchemar interminable qu’elle pouvait représenter dans Assassin’s Creed: ni trop, ni trop peu, il y en a juste ce qu’il faut pour que le jeu se termine à 100% sans s’arracher les cheveux en une grosse quinzaine d’heures. Beau, jouable, agréable et rempli de surprises cachées, Batman: Arkham Asylum plaira autant aux connaisseurs du personnage qu’aux profanes. Il n’est pas interdit de parler de chef-d’oeuvre.

Magistral et addictif, ce sont les deux mots qui viennent à l'esprit lors d'une partie de Batman: Arkham Asylum. Magistral parce qu'absolument tout, qu'il s'agisse de la réalisation à l'écriture en passant par la maniabilité a été fignolé avec la précision d'un horloger suisse. Addictif parce que même après l'avoir terminé, on n'a qu'une seule envie: y retourner et mettre à mal le mode Défi. Un hit incontournable et l'un des tous meilleurs jeux de l'année.

est

joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.


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4 commentaires »

  1. Très bon test, ça me donne encore plus envie d’y jouer (ne pas craquer, finir Mass Effect avant).

    Et sinon j’aime beaucoup le principe de tester de vieux jeux. Bonne continuation!

  2. J’aurais pas craché sur un ou deux super-vilains en plus… surtout vu les biographies dispos dans le jeu. Mais c’est vrai que j’ai été agréablement surpris par le scénario, les scènes avec l’Epouvantail sont justes énormes et donnent une vraie profondeur au jeu.

    Et certaines surprises comme

    *****WARNING SPOILERS NO TREPASSING*****

    l’arrivée dans la Batcave ou le faux bug m’ont mises à genoux.

    Sinon les derniers challenges du mode Défi sont COSTAUDS.

  3. *****WARNING SPOILERS NO TREPASSING*****

    Ce que j’aime le plus avec les passages de l’épouvantail c’est que les développeurs ont joué avec la matière même du jeu vidéo comme le moment où on meurt et on arrive sur l’écran de choix pour continuer ou revenir à l’écran titre. Ou encore la même animation mais cette fois avec Batman et Joker aux rôles inversés. J’aime les faux bug dans les jeux vidéo, dans ce style il y a : American McGee’s Alice qui s’offrira une suite qui se nommera tout simplement : The Return of American McGee’s Alice ; ou encore Matrix : Path of Neo et le passage du mérovingien =)

  4. Jeu génial sans contestation !

    Vivement le 2 !

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