On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Assassassassinassion • Editeur: Ubisoft • Date de sortie: Novembre 2011

Assassin’s Creed : Revelations

Par • le 29/8/2012 • À la une, PC, PlayStation 3, Tests & previews, Xbox 360 • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

C’est en attaquant la rédaction de cet article que je m’aperçois avec horreur d’un grossier oubli : jamais nous n’avons parlé sur GS198x d’Assassin’s Creed : Brotherhood, premier épisode « mineur » de la série, faisant directement suite à Assassin’s Creed II et en reprenant les mêmes personnages. Là où ça tombe bien, c’est qu’à peu près tout ce que nous aurions pu en dire est de retour dans Revelations, ce qui est rudement pratique.

Oui c’est moi Ezio non je n’ai pas changé

Tiens, des caisses, ça faisait longtemps

Après avoir fait connaissance avec Ezio Auditore da Firenze dans Assassin’s Creed II, Brotherhood fut l’occasion d’approfondir un peu plus le personnage en lui offrant de nouvelles possibilités d’action au sein cette fois d’une ville unique. Revelations reprend cette formule (ville unique, quelques missions extérieures assez brèves) en y ajoutant quelques bricoles. Vieilli mais toujours fort agile, notre étalon italien a maintenant 53 ans, sait toujours y faire pour séduire ces dames, et n’a rien perdu de son habileté à l’escalade des façades de Constantinople, théatre de ses nouveaux exploits. Sa musculature et son poids ayant néammoins considérablement changé, on ne pourra s’empêcher de ressentir une certaine lourdeur dans ses déplacements qui peut toutefois s’avérer totalement psychologique. Ayant en effet effectué mon run sur ce jeu après plus de cinquante heures passées sur Batman : Arkham City, c’est peu de dire que les premières minutes ont été douloureuses avant de retrouver mes marques. Comparé au chevalier noir virevoltant d’ennemi en ennemi, l’assassin se révèle bien lent et franchement rigide. On ne pourra s’empêcher de regretter que les combats, un vieux travers de la série, soient toujours si peu passionnants, pour ne pas dire franchement frustrants. Entre un lock à la rue et un système d’esquive franchement peu dynamique, on s’y ennuiera ferme et on préférera prendre la fuite plutôt qu’affronter des cohortes entières de soldats, même si Ezio toujours aussi surpuissant peut sans trop de difficulté les dézinguer par dizaines. D’autant plus qu’il est possible, comme dans Brotherhood, de recruter quelques civils qui viendront rejoindre notre petite confrérie armée et pourront ensuite venir en renfort nous assister d’un simple sifflement. Il sera également possible de les envoyer affûter leurs talents aux quatre coins de l’Europe, du Maghreb et du Moyen-Orient afin de libérer d’autres cités assiégées par les Templiers et augmenter leur expérience…

Chère Claudia…

Le travail sur les textures est quand même chouette

Intitulé Revelations ce nouvel épisode se devait de faire la jonction entre les aventures d’Altaïr Ibn-La’Ahad lors des croisades et les pérégrinations d’Ezio Auditore da Firenze. Utilisant la pomme d’Eden en guise de McGuffin, le scénario pousse l’Italien à revenir sur les terres de ses ancètres et subir de nombreux flashbacks, mettant en scène non seulement le puissant Al Mualim mais également Abbas, qui trahira l’idéal et le crédo des Assassins. Enquêtant sur les agissements des Templiers à Constantinople, Ezio sera amené à visiter une étrange grotte en Cappadoce qui se trouve être leur quartier général. Aidé de Yusuf qui dirige la confrérie locale, il rencontrera également la séduisante Sofia Sartor qui semble en savoir un rayon sur les clés de Masyaf qu’Ezio recherche… Séparée en deux, la ville de Constantinople propose des environnements plus bigarrés que les villes grisâtres du premier épisode et plus exotiques que ses suites mais manque néammoins un peu de diversité. Toujours comme dans Brotherhood, il est possible de devenir petit à petit maître de la ville en restaurant les différents commerces ainsi que les monuments, en surveillant toutefois l’indice de vigilance des templiers qui augmentera bien vite lors de ces transactions. Petite nouveauté, il arrive parfois de se faire agresser en pleine rue par un assaillant qui tentera alors un coup de poignard en plein dos. Surprenant la première fois, mais assez facile à éviter par la suite, mais ce n’est pas là le seul changement, loin s’en faut.

Also, news

On s'fait un p'tit caprice ?

Quid des nouveautés donc ? La principale est que l’une des lames cachées de l’assassin est désormais un crochet. Deux utilités majeures à celui-ci : il lui permet de faire la tyrolienne sur l’un des nombreux cables qui, et on se demande bien pourquoi, relient certains toits de la ville de Constantinople. Il est de plus bien utile d’user de ce nouvel accessoire lors des multiples séances de grimpette qui parsèmeront la découverte de la ville. Un saut, un coup de crochet, un nouveau saut, la synchronisation sur les points d’observation est presque une promenade de santé.
Les améliorations de l’arsenal d’Ezio ne s’arrêtent pas là et c’est encore une grosse nouveauté : il est désormais possible, et même fortement recommandé par le jeu qui ne va cesser d’y inciter, de concevoir soi-même ses propres bombes comme le premier djihadiste venu. Explosives, pétaradantes, fumigènes, chacun choisira selon ses affinités et son style, même si on ne pourra s’empêcher de regretter que ces nouveaux jouets n’apportent au final pas grand’chose et qu’il est tout à fait possible de s’en passer.
Dernier gros changement de cet épisode, s’il est toujours nécessaire de reconquérir les territoires contrôlés par les templiers en se débarrassant de leur chef puis en foutant le feu à leur vigie, ceux-ci pourront toujours tenter de revenir plus tard pour récupérer leur bien. Se déclenchera alors un jeu de type tower defense nécessitant de positionner au mieux ses différentes troupes : chefs de faction, archers, barricades, devront repousser l’ennemi le temps de le pilonner à coups de canon, ou de lui tirer dessus au flingue pour les pointilleux. Gros problème : ces séquences sont rarissimes, je n’en ai joué au total que deux et il est une fois encore possible de traverser tout le jeu sans jamais y être confronté, hormis la première servant de didacticiel.
Reprenant dans son intégralité la formule de Brotherhood et innovant de manière aussi anecdotique que décevante, c’est peu de dire que ce nouvel épisode sent un peu le paté… et les choses ne vont pas en s’améliorant quand on jette un œil au reste.

Et la racaille, elle est toujours là, la racaille ?

Perdu sur une île au milieu de nulle part

Les passages mettant en scène Desmond ont toujours été les parents pauvres de la série, et Ubi Soft l’a bien compris : ceux-ci sont donc réduits au strict minimum, avec une poignée de malheureuses apparitions sur une île minuscule, alternant discussions en voix off de personnages hors animus et réminiscences du sujet numéro 16. Cette île fait office de portail vers Constantinople, mais également vers des zones permettant d’explorer un peu plus le passé de notre héros. C’est là que se situe un double gag, dans le mauvais sens du terme. Tout d’abord, ces zones ne sont pas du tout mises en avant, à tel point que je n’ai découvert qu’au bout d’une douzaine d’heures de jeu (sur la vingtaine que constitue l’aventure) qu’elles existaient. Et le second gag ? J’ai regretté cette découverte. Ces passages sont en effet une sorte de first-person puzzle game mais pas réussi comme Portal, non, un truc mou et sans âme où il est possible de faire apparaître des blocs mentaux géants pour se mouvoir de plateforme en plateforme. C’est linéaire, ultra pénible, ça manque de rythme, c’est ennuyeux à se pendre. La plus mauvaise blague du jeu ? À la fin de Brotherhood un événement extrêmement important survient, sorti de nulle part, sans aucun signe avant-coureur ni aucune justification. Il était donc de bon aloi d’attendre d’un titre nommé Révélations qu’il aborde le sujet… ce qui ne sera fait qu’au travers d’un DLC solo uniquement composé de ces passages affreux à la première personne. Le masochisme n’étant pas mon truc, j’ai donc regardé des vidéos de mecs courageux sur Youtube pour enfin avoir une réponse toute bidon. Merci Ubi, trop sympa. Un mot rapide sur le multi : c’est celui de Brotherhood en mieux, mais j’y ai trop peu joué pour réellement donner un vrai avis.

Si Brotherhood représentait l'ultime raffinement de la série avec de réels apports et un système de jeu toujours plus complet, ce Révélations sent furieusement le réchauffé et déçoit un brin. D'abord parce qu'il n'apporte pas réellement la révélation que tout joueur était en droit d'attendre. Ensuite parce que ses nouveautés, si sympathiques soient-elles, se révèlent plus proches de l'anecdotique que de la vraie évolution. Enfin parce que ces effroyables passages à la première personne sont si pénibles à explorer qu'ils font regretter les parfois crispantes énigmes du précédent épisode. Ubi Soft a fort à faire avec l'épisode III pour renouveller une série qui, en quatre épisodes sur une seule génération, se retrouve à bout de souffle. Ce n'est pas que le jeu soit totalement mauvais, non. Mais qu'il n'apporte pas grand'chose à l'édifice.

est

joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.


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3 commentaires »

  1. Critique lucide à tous points de vue. Je confirme également que Brotherhood était le topitop de cette « 2ème génération »

  2. Ah ca les passages avec Desmond c’était super intéressant, mais alors c’était super chiant à passer avec une maniabilité à deux balles.

    Quand au DLC à deux balles qui explique la fin de Brotherhood, j’ai découvert ca par hasard quand quelqu’un m’a sorti « mais si, la fin est expliquée et c’est confirmé que dans le DLC pour revelations »

  3. Effectivement, ceux qui auront joué à AC1, 2 et Brotherhood (c’est-à-dire la quasi-totalité de ceux qui achètent Revelations) s’ennuieront ferme sur ce jeu (mises à part sur quelques séquences de jeu).
    Je crois même que j’aurais préféré ne jamais y jouer car c’est clairement l’épisode de trop : celui qui fait comprendre qu’on n’aimera plus jamais ce qu’on a pourtant beaucoup aimé un jour.
    ACR, c’est une petite mort pour moi.

    Et c’est finalement dommage de ne pas avoir parlé de Brotherhood à l’époque parce qu’on se retrouve à parler en mal (et c’est justifié) de Revelations sans jamais avoir eu l’occasion d’expliquer pourquoi Brotherhood était cet équilibre savant entre nouveautés bien senties et reprise des points fort de AC1-2.
    C’est justement peut-être parce que Brotherhood était si bon que Revelations est si décevant.

    En tout cas, très bon résumé du jeu, une fois de plus.

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