On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Simulation d'avocat • Editeur: Capcom • Date de sortie: 9 mai 2008

Apollo Justice: Ace Attorney

Par • le 11/8/2008 • À la une, Nintendo DS, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Malgré tout l’amour me liant à Capcom force est de reconnaître qu’ils sont les champions du Monde de la surexploitation de licence. Entre les moultes upgrades de Street Fighter II, les innombrables itérations de Megaman / Rockman, la série Resident Evil / Bio Hazard et ses spin-offs… mais tant que la qualité est au rendez-vous, pourquoi bouder son plaisir ? D’autant plus que les messieurs ont aussi pour caractéristique d’avoir, sur les deux dernières générations, lancé un nombre assez conséquent de nouvelles licences…

Un nouveau départ

Une nouvelle sidekick aussi relou que la précédente

Après trois remakes ce nouvel épisode est inédit à la DS et comme l’indique le changement de nom, le personnage principal du jeu n’est plus Phoenix Wright mais un jeune avocat débutant nommé Apollo Justice. C’est donc à travers les yeux de ce newbie que le joueur va devoir faire ses premières armes d’avocat de la défense. Évidemment, le métier n’a pas énormément changé et le joueur aguerri retrouvera ses automatismes: examiner l’environnement lors des phases d’enquète, faire pression sur les témoins à chacune de leurs déclarations, et trouver où repose la sacro-sainte contradiction, celle qui permettra d’établir une plaidoirie solide renvoyant l’accusation dans les cordes. Qui dit inédit dit exploitation des caractéristiques de la console: c’est donc le retour de la poudre à empreintes digitales et par la même occasion d’Ema Skye, dont on avait pu faire la connaissance dans le chapitre inédit DS du remake du tout premier épisode. On retrouvera également d’autres personnages déjà connus de la série, parfois via des flashbacks, mais l’essentiel du casting a été entièrement renouvellé: exit Maya et Pearl, place à Trucy / Vérité dans le rôle de l’horripilant(e) sidekick. Techniquement le jeu n’a pas trop changé, les graphismes sont globalement plus fins et travaillés et les animations ont été améliorées: celles du procureur sont saisissantes.

Faux départ

Les animations du procureur Gavin sont remarquables

Maintenant, parlons des choses qui fâchent: le jeu est consternant de facilité et manque cruellement de challenge. Du début à la fin du titre le joueur n’a quasiment jamais à réfléchir tellement les indices permettant de savoir quoi faire et quand sont évidents: quand ce n’est pas Vérité qui donne la réponse, c’est carrément le procureur dont on finit par se demander de quel côté il est. Malgré quelques innovations sympathiques (le « pouvoir » permettant de détecter quand un témoin est nerveux et surtout le très intéressant MASON system, seul passage demandant un peu de réflexion), on enchaîne les dialogues sans grande conviction la faute à une histoire pas si mal écrite, mais cruellement en deça de celle de l’épisode 3. La traduction française n’arrange rien puisqu’elle zappe la totalité des petites références musicales lancées au détour d’une phrase par le procureur Gavin. Encore un épisode à faire absolument en VO pour le savourer. Pour finir, l’utilisation des capacités de la DS est finalement anecdotique et moins intéressante que dans le chapitre bonus du remake de l’épisode 1 !

Petite déception pour cet épisode sans panache, sans challenge, et sans saveur. Le jeu est trop facile, trop dirigiste, et finalement sans grande âme malgré quelques bonnes idées. Espèrons que Capcom redresse le tir si nouvel épisode il devait y avoir...

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joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.


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