On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Tornade de clichés • Editeur: Sony • Date de sortie: 5 Mars 2010

White Knight Chronicles

Par • le 27/3/2011 • PlayStation 3, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

J’ai l’impression que le mot « Chronicles » est devenu une sorte de terme passe partout pour donner un nom simple et indicatif à son jeu vidéo sans se casser vraiment la tête : il suffit de l’associer avec le nom de votre protagoniste ou un mot résumant le thème de votre histoire. Par exemple : Valkyria Chronicles, Puzzle Chronicles, The Chronicles of Riddick, Tomb Raider Chronicles. Cela peut paraître cliché mais au moins vous ne risquez pas de vous retrouver avec un titre qui n’a aucun sens… Quoi que, dans le cas de White Knight Chronicles, vous incarnez un paysan qui obtient le pouvoir d’invoquer une géante armure bleue. Enfin bon, je suppose que Blue Peasant Chronicles n’aurait pas été un aussi bon titre.

Le jeu démarre sur un créateur de personnage plutôt complet avec des dizaines d’options pour régler toutes les caractéristiques physiques de son personnage au pixel près. Une intention que j’ai toujours trouvé louable mais finalement inutile parce que soyons honnête avec nous même, les trois seuls éléments qui nous importent lors de la création d’un personnage quelque soit le jeu sont la coiffure, la couleur des yeux et la taille de la poitrine. Une fois le personnage conçu, le scénario lui met un seau sur la tête et déclare « le protagoniste de l’histoire c’est ce stéréotype sur pattes là ! » « Ah bon ? répondis-je un peu déboussolé. Donc heu le personnage que je viens de créer il joue quel rôle ? » « Aucun ! Hurla le jeu, tu vois bien qu’il est muet et tu sais bien qu’il est absolument impossible d’écrire un scénario avec un personnage muet ! » « Il est muet ? répétais-je tout confusionné, mais dans ce cas pourquoi il y avait-il une option pour choisir sa voix ? » « C’est parce queuh…… HO ! Regarde un monstre géant avec un canon sur le dos ! Bouarrgh !… »

Je n’ai jamais vu une création de personnage plus inutile que celle-ci. C’est comme si dans Arkham Asylum, juste avant d’incarner Batman, le jeu vous demandait de créer votre propre majordome. La présence de votre personnage dans White Knight Chronicles est reconnue une fois au début du jeu et après tous le monde oublie complètement qu’il existe. Il se contente de suivre le groupe sans jamais rien dire, ce qui est particulièrement perturbant durant les scènes dramatiques où pendant que tout le monde se met à chialer, il reste en arrière sans rien faire et sans rien dire avec un regard neutre de robot à la con et heu… Je viens de me rendre compte que c’est exactement ce que je fais quand je suis avec un groupe d’amis…

*Awkward silence*

Merci jeu de m’avoir rappelé à quel point ma vie est misérable, tu es conscient que je joue aux jeux vidéo pour y échapper ?

Je vous raconterais bien l’histoire mais vous allez penser que j’ai copié le résumé allociné d’un bien meilleur film. La toute première scène du jeu montre un vieil homme en cagoule se faire arrêter par un soldat en armure, sur ce l’homme en cagoule lui fait un clin d’oeil et l’homme en armure le laisse passer avec une voix d’hypnotisé qui n’alarme pas son collègue. Peu après, la princesse du royaume est enlevée par un chevalier en armure noire mais elle parvient tout de même à envoyer à nos héros un message de détresse holographique… PUIS nos héros se rendent dans une ville du désert où ils doivent confronter un crapaud géant- Ai-je besoin de continuer ?

Le scénario nous nargue sans arrêt avec le sauvetage de la princesse. On se croirait dans Super Mario Bros, sauf qu’au lieu d’avoir un nain qui nous indique que la princesse se trouve dans un autre château, on observe à chaque fois Bowser qui s’échappe avec elle devant les héros qui restent planté là sans rien faire parce que c’est la seule manière de continuer le scénario. Vous avez des putains d’armures Gundam moyen-âgeuses ! Faites quelque chose bordel !

Je sais bien que dans les jeux vidéo et particulièrement les RPGs qu’il y a toujours eu une séparation plus ou moins grande entre le gameplay et le scénario, mais White Knight Chronicles a probablement l’un des pires exemple de cinématique absurde. Alors qu’un combat contre un boss gargantuesque démarrait, j’ai fait ce que n’importe quel être humain doté d’un minimum de raison aurait fait et j’ai invoqué mon armure géante pour lui botter le cul. Une minute de combat plus tard, je suis interrompu par une cinématique montrant le protagoniste non transformé qui se rend compte que le boss est hachement costaud et qui décide d’invoquer son armure géante. Dis moi jeu, est-ce que tu serais pas un peu « lent » ou bien c’est moi qui suis vraiment trop hardcore pour toi ?

Et pour bien empirer les choses, le scénario n’a pas de fin. Après un pitoyable dernier boss, l’histoire est interrompue par un vilain message « a suivre ». Je déteste quand les éditeurs décident de sortir un jeu en plusieurs morceaux mais White Knight Chronicles n’a même pas la décence d’avoir un Cliff-hanger pour nous laisser en haleine. Les personnages se contentent de rentrer chez eux sans résoudre un seul élément du scénario.

Le gameplay est d’une monotonie tellement soporifique que j’avais besoin de regarder Deep Space Nine en jouant pour garder mon cerveau stimulé et rester éveillé. Généralement c’est un mauvais signe quand j’éprouve le besoin de me divertir pendant que je joue à un JEU.

Je me suis très vite rendu compte que je jouais à un clone de Final Fantasy XII, avec moins de techniques, moins de monstres, moins d’environnements, un monde linéaire et un scénario encore plus inintéressant. Je n’avais pas vraiment aimé Final Fantasy XII à l’époque mais en rétrospective, comparé à toute la merde qui sort de nos jour, ce jeu était un chef-d’œuvre.

Le système de combat a les mêmes bases que n’importe quel autre RPG japonais qui se prend pour un MMO où on passe son temps à attendre qu’une barre se remplisse pour ensuite dire à son personnage d’alterner entre attaquer et guérir, mais là où un autre RPG ajouterai des éléments supplémentaires pour varier un peu, White Knight Chronicles n’a absolument rien de nouveau à offrir. Vos personnages peuvent apprendre des magies de soins, des magies élémentaires et des techniques d’attaque liées à 6 armes différentes. Enfin différentes est un bien grand mot. Chaque arme a strictement les mêmes techniques. Vous avez 1 ou 2 attaques de bases, 4 ou 5 attaques qui coutent super cher mais ne sont pas beaucoup plus puissante que les attaques de base, 2 attaques qui font bondir l’ennemi, 3 ou 4 attaques qui maintiennent l’ennemi en l’air et 2 ou 3 attaques qui font redescendre l’ennemi. Sérieusement, pourquoi autant de techniques qui font strictement la même chose ?

Je n’ai jamais vu un jeu ou les différences entre les classes d’armes sont tellement insignifiantes que j’ai du mal à percevoir en quoi manier une hache dans un combat contre un troll est plus avantageux qu’utiliser une dague. Quel est l’intérêt de manier un arc dans un jeu où les ennemis peuvent de toute façon vous frapper à 300 mètres de distance même quand une porte verrouillée vous sépare ? Le seul élément plus ou moins unique du système jeu est la possibilité d’associer librement plusieurs attaques ensemble pour former un combo que l’on nomme comme on le souhaite et qu’on exécute en mitraillant le bouton X. Plus le combo est long, plus il est puissant et plus il consomme vos points d’attaques mais franchement pourquoi est-ce que je m’emmerderai avec tout ça quand, pour à peut près le même nombre de points d’attaque, je peux tout simplement invoquer mon megazord médiéval et écraser mon adversaire en 30 secondes ?

Le scénario rajoute sans arrêt des personnages au groupe mais obtenir un nouveau compagnon dans White Knight Chronicles n’apporte aucune satifsaction parce qu’ils tous accès à toutes les techniques du jeu. Et ça c’est le meilleur moyen d’éliminer le peu de stratégie qui aurait éventuellement être présent. J’ai attribué à tous mes personnages une magie de guérison et deux trois techniques d’attaque de base, j’ai laissé leur Intelligence artificielle en mode « faite ce que vous voulez » pendant tout le jeu et je ne suis pas mort une seule fois. Je n’essayais même pas de jouer correctement, j’avançais tranquillement en ne faisant qu’à moitié attention à ce qui se passait pendant que je regardais avec admiration les exploits miraculeux de Benjamin Jesus Christ Sisko notre sauveur à tous. Ah si, pardonnez moi, je suis mort une fois pendant que je réorganisais l’équipement de mes personnages. Je ne m’étais pas rendu compte que le jeu ne se met pas en pause quand on ouvre le menu.

Je crois que ce qui blesse le plus ce jeu c’est l’absence totale de difficulté. Si on analyse de plus près les descriptions des armes et des techniques, elles ont toutes des attributs subtilement différents. Seulement aucun ennemi ne semble particulièrement sensible à ces attributs. Tout le problème du jeu est là. Vous pouvez créer le système de combat le plus complexe qui soit, si vous ne forcez pas votre joueur à analyser un minimum ses différents aspects, il va se contenter d’alterner l’attaque de base et la guérison jusqu’à la fin.

L’exemple le plus flagrant de ce dont je veux parler est le système de fusion. On peut apporter à un marchant différents objets qu’on a mis 4 ou 5 heures à récupérer et celui-ci peux les fusionner ensemble pour créer un objet plus puissant. Mais encore une fois, pourquoi est-ce que je me ferais chier avec ça si je peux trouver les mêmes objets dans des coffres qui trainent dans la nature ?

Et le multijoueur en ligne, Me demandez-vous ? Désolé mais en ce moment je ne touche pas aux modes de jeu qui nécessitent Internet. Déjà, je n’éprouve aucun plaisir à jouer avec des inconnus et les quelques amis que j’ai sur le PSN ne vivent pas dans la même zone horaire mais surtout je vis dans une résidence universitaire dans laquelle la seule manière de connecter ma PS3 au Playstation Network est de transporter ma console et ma télé dans une salle dédiée qui se trouve de l’autre côté du bâtiment. Je vous prie de m’excuser si j’ai un peu la flemme. Par curiosité, j’ai quand même regardé quelques vidéos du mode multijoueur sur Internet. Apparement, on gagne accès à une sorte de mini jeu où on peut construire une ville qui n’est connectée a aucune partie du monde et existe donc dans sa propre dimension, on peut s’associer via un menu super immersif avec d’autre joueur pour partir faire des quêtes qui consistent à récuperer 5 ou 6 objets éparpillés sur une carte et enfin on peut écrire ses aventures dans un journal. Heu, t’es gentil jeu, mais c’est pas en me proposant des choses qui reposent sur mes étagères depuis au moins 1997 que tu vas devenir intéressant. Et sérieusement, qui écrit dans un journal de ses aventures dans un jeu vidéo ? Et qui va les lire ? C’est encore plus pathétique que la fonction facebook de la PS3. Je n’arrive pas à imaginer à quel point une personne doit s’ennuyer pour pouvoir se lancer dans la lecture de mes fabuleuses aventures dans un pseudo Meuporg, j’ai déjà assez de mal à convaincre mes amis de lire ma fan fiction Star Trek dans lequelle Jean-luc Picard Benjamin Sisko se marient ensemble et assassinent Janeway.

En conclusion, si vous souhaitez vraiment vous torturer pendant des heures avec un gameplay monotone et une histoire inintéressante, jouez à Final Fantasy XII parce qu'il a au moins le mérite de ne plus couter que des clopinettes de nos jours.

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est joueur depuis 1989. Né avec un(e) gameboy dans les mains, ce joueur hardcore masochiste et élitiste démarre toutes ses parties en mode difficile et laisse sa frustration briser ses manettes.
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15 commentaires »

  1. Quelle débandade les RPG japonais sur cette génération…

  2. C’est clair, surtout quand tu vois des trucs comme Secret of Mana, Shining Force ou Breath of Fire…

  3. Bravo pour ce test, toutefois si je peux me permettre un conseil, ne contient pas ta juste et saine fureur quand tu énonces la liste des incohérences du jeu, on dirait que ta petite soeur dort à côté de l’endroit où tu enregistres. :)

  4. Bah j’ai dit que je vivais dans une résidence universitaire et généralement je n’ai le temps d’enregistrer que le soir. Je veux pas déranger tout le monde non plus.

  5. Je suis toujours aussi fan de tes tests vidéo. Le texte est impeccable, mais c’est mieux de l’entendre… et de le voir.

  6. D’ailleurs avec la création de perso qui sert à rien je me suis bien fait niquer.
    Car j’ai plus boosté mon perso au début du scénar, et arrivé au moment ou il se sépare tu te retrouve avec le perso principale qui du coup est une grosse merde.

  7. Dire que j’avais hésité à le prendre x) J’ai bien fait de m’abstenir …

    Super test, très drôle, je suis pliée du début à la fin =D !

  8. Excellente la video, continue sur cette voix !

  9. Une très grande envie, vu que généralement j’aime l’argumentation et la vision du site, serait bien des tests sur les RPG qui vont arriver sur Wii, juste Xenoblade. Je sais que j’apprécie beaucoup un autre site en matière de test pour m’aider a voir un jeu, mais j’aimerais bien voir ce que les testeurs de Game Since 198X en penseraient.

  10. Si tu me payes une Wii, je veux bien. xD

  11. Je découvre seulement les tests « Pixel Critic ». C’est assumé et volontaire, la copie de Zero Punctuation ou c’est un peu du plagiat ?

  12. Je l’assume dans la première critique (celle de FF XIII). Je suis une tâche dans tout ce qui est visuel. Mais je vais essayer de ne pas tester les mêmes jeux que ZP pour ne pas risquer de copier les mêmes blagues.

  13. C’est assumé puisqu’il cite ZP dans le test de FF XIII

  14. OK ! Comme je disais, je découvre avec ce test, je n’ai pas lu celui de FF. Au moins, c’est un peu plus compréhensible à l’oreille :p

  15. Mec tu es énorme ! Tes test sont vraiment super ! un poil exagerer mais ils sont super ! bravo a toi continu :) ( je vais quand meme acheter white knight ch

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