On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: GTA chez les chinois • Editeur: Square Enix • Date de sortie: Aout 2012

Sleeping Dogs

Par • le 11/10/2013 • PC, PlayStation 3, Tests & previews, Xbox 360 • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

Initialement conçu comme un épisode de True Crime se déroulant à Hong-Kong, abandonné en cours de développement par son éditeur Activision, lequel est décidément toujours au top lorsqu’il s’agit de prendre une décision stupide, Sleeping Dogs fut récupéré par Square Enix et sortit un peu sans crier gare en plein été 2012. Il était facile de passer à côté, ce qui est bien malheureux tant le titre est intéressant sur plusieurs aspects.

A pied par la Chine

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Pas le temps de s’émerveiller devant la beauté des modéles et des textures (sur PC tout du moins, un pack HD disponible gratuitement rendant l’expérience plus qu’agréable à l’œil), le joueur est immédiatement plongé dans l’action et dans la peau de Wei Shen. Suite à un deal de drogue qui tourne court, ce dernier est poursuivi par la police ce qui est l’occasion d’un tutorial détaillant les mécaniques de parkour disponibles. Course, saut, escalade, tout est disponible via la même touche qu’il conviendra de presser avec un certain timing histoire de ne pas lamentablement se louper et se ramasser comme une otarie bourrée à la bière. Malgré tous les efforts de Wei, celui-ci est rattrappé par la police et envoyé en cellule où il retrouvera une vieille connaissance nommée Jackie Ma. Ce dernier est dans les bonnes grâces de Winston, l’un des caïds des Sun On Yee, triade locale librement adaptée des biens réels Sun Yee On. Mais alors que Wei est interrogé, le superintendant Thomas Pendrew dévoile le pot aux roses à la commissaire du coin : Wei Shen est un agent infiltré, chargé de mettre un terme aux agissements violents des Sun On Yee et de démanteler la triade…

The good, the bad, the sexy

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Le statut d’agent double de Wei lui offre dès le départ plusieurs types de missions différentes, selon qu’on désire jouer côté triade ou flics : s’il n’est pas vraiment possible de choisir un alignement définitif et de s’y tenir, chaque fin de chapitre lui rapportera plus ou moins de points en fonction de ses agissements. S’il poursuit un objectif policier, le moindre écart de conduite fut-il anecdotique (au hasard, tabasser un quidam dans la rue, percuter de plein fouet une fourgonnette de police, écrabouiller un motard…) lui coûtera des points d’expérience « Police ». À l’inverse, multiplier les assassinats de membres de triades adverses lui rapportera des points d’expérience « Triade ». Passer un niveau dans l’un ou l’autre de ces alignements rapportera de nouvelles compétences, essentiellement défensives ou d’infiltration côté « Police », d’attaque à mains nues côté « Triade ». Enfin, effectuer des missions subsidiaires lors de rencontres aléatoires augmente une troisième jauge d’expérience nommée « Réputation » qui elle aussi débloquera l’accès à de nouvelles capacités, sans parler de la foultitude de collectibles à récolter un peu partout en ville, à commencer par les statues de jade du prof de kung-fu de Wei, lequel acceptera de lui enseigner de nouvelles techniques pour chaque statue récupérée. Il ne sera donc pas inutile de se promener un peu au hasard sur les îles constituant Hong-Kong, non sans admirer au passage la modélisation des différents immeubles et autres néons publicitaires…

Il ira au baston

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Bien évidemment, Wei étant flic ET voyou, il lui arrivera fréquemment d’en venir aux poings avec les membres des triades ennemies. Le système de combat s’inspire pas mal de celui des Batman : Arkham sans être aussi raffiné mais permet toutefois de passer de très bons moments à fendre des crânes. Récupérer un couteau voire un hâchoir de boucher est un pur plaisir, et l’on fait alors du saucisson de ses ennemis le sourire aux lèvres. Lors des fusillades, le système de couverture est rudimentaire mais efficace et offre un petit détail appréciable : faire une glissade pour sauter au-dessus de sa planque déclenche un mode bullet time que John Woo n’aurait pas renié, dont chaque headshot réussi prolonge la durée. Il est donc possible, pour peu de viser juste, d’enchaîner les tirs à la tête et de se débarrasser d’une demie-douzaine de vilains en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ce bullet time a aussi la bonne idée d’être activé lors des fusillades en voiture : dès lors que Wei vise par la fenêtre, il dispose de pas mal de liberté pour viser les véhicules adverses. Une balle logée dans les pneus d’une moto enverra ainsi son pilote voltiger plus efficacement qu’un chargeur vidé en plein thorax. Dans le même ordre d’idées, il est possible lors d’une course poursuite de se jeter au ralenti sur le véhicule pris en chasse afin d’en déloger son conducteur. Le nombre de véhicules disponibles est loin d’être négligeable, même si l’on ne pilotera jamais le moindre engin volant, Hong-Kong a son lot de motos, voitures, fourgonettes, camions blindés qu’il conviendra de voler histoire de se constituer un petit pécule.

J’ai beaucoup riz

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C’est peut-être l’un des rares défauts de Sleeping Dogs : il est d’une facilité désarmante d’être riche à millions. L’argent coule à flots et on se trouvera rarement, trop rarement au dépourvu. Scénaristiquement, difficile de ne pas regretter quelques incohérences : non seulement il est extrêmement facile de semer les flics, même en niveau d’alerte maximale, mais l’agent Wei n’est jamais réellement puni même lorsqu’il commet un véritable carnage parmi ses supposés collègues assermentés. Une des missions aléatoires verra ainsi Wei complice d’un attentat à la bombe au sein même du commissariat, alors que le même Wei plaidait quelques temps plus tôt afin d’éviter le moindre meurtre, provoquant la suspicion de certains autres mafieux. On s’amusera aussi à sortir avec des nanas, le scénario ne permettant malheureusement pas de dépasser le coup d’un soir. Il faut croire que les agents doubles ne sont pas de grands romantiques. Une multitude de petites épreuves sont disponibles pour quiconque a envie de faire le foufou, comme battre le record de la plus longue roue arrière, celui du saut le plus long en voiture, etc. Enfin, terminons en saluant la plus belle pluie de jeu vidéo que j’aie vu cette année. Rouler dans Hong-Kong de nuit sous une pluie battante, les néons se reflétant sur le bitume humide, en écoutant l’une des excellentes radio disponibles en guise de bande son (dont une Ninja Tune, rien que ça), fut un plaisir incontestable durant la trentaine d’heures que représente l’aventure.

Sympathique et bien fichu, Sleeping Dogs a sû se démarquer de son modèle en intégrant quelques bonnes idées dont Rockstar ferait bien de s'inspirer. Si les mécaniques de combat à mains nues sont encore perfectibles, elles restent les plus agréables vues dans un titre du genre et les fusillades en voiture sont un régal. De nos jours, le jeu est trouvable à petit prix et tourne parfaitement sur un PC lambda, il n'y a donc aucune raison de se priver.

est

joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.


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5 commentaires »

  1. Désolé se souler avec l’orthographe mais celle-ci me pique :
    « Sympathique est bien fichu »

    Keep up the good work

  2. Houla. Je vois pas comment j’ai pu laisser passer ça. Merci.

  3. Petit point à ajouter, pour ceux qui connaîtraient la ville: l’effort des dév à saluer concernant l’immersion.
    Bien entendu la map a été réduite et pas mal alambiquée pour faire tenir différents landmarks de la ville sur un territoire encore plus réduit qu’il ne l’est réellement, mais chaque coin de la ville, chaque décor est crédible.
    J’ajouterai également que les voix en cantonais, y compris des PNJ, renforcent l’impression d’être là bas.
    Bref, on se sent vraiment à HK, comme on se sent à NYC dans GTA IV. Et si je déteste les DLC, je pense que je ne serais pas contre des missions supplémentaires si elles ajoutent à la map.
    Pas sûr que le million et demi d’exemplaires vendus suffise à motiver une suite, mais moi je signe.

  4. Effectivement, merci Viiincent de l’avoir signalé, les voix des PNJ en cantonais apportent beaucoup à l’ambiance (même si, surtout pour les piétons, ils répètent vraiment toujours les mêmes choses).

    Pour ce qui est des DLC, ils existent et sont malheureusement très dispensables.

    Quant à une suite, ceci vient justement d’être annoncé : http://www.gamekult.com/actu/sleeping-dogs-triad-wars-en-approche-A112140.html

  5. Yep j’aurais été partant si les DLC ajoutaient à la map, là je suis d’accord sur la dispensabilité des 3 existants.
    Concernant l’annonce de Triad Wars je reste dubitatif en attendant plus d’éléments, car des jeux « basé sur l’univers de… » comme, ils le disent également dans l’article, ça peut aussi accoucher d’un jeu Facebook ou iOS… Wait and see donc.

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