On jouait déjà avant ta naissance, donc on a raison

Genre: Arcade-aventure • Editeur: Tecmo • Date de sortie: 1990

Rygar

Par • le 14/5/2013 • Arcade, NES, Tests & previews • Exemplaire du jeu payé avec nos sous •

C’est de l’arcade ? C’est de l’aventure ? Non, c’est de l’arcade-aventure. Et de nos jours, on appellerait ça un Metroidvania.

Know your roots

J’ai déjà raconté que, plus jeune, je squattais la borne M82 du Joué Club du coin et y passais parfois des après-midis entier pendant que mes parents faisaient les courses en centre ville. C’était gratuit, on avait le choix entre 16 jeux différents, et on faisait tourner la manette quand on perdait. Bien sûr, les maboules qui se frottaient à des jeux comme TMNT faisaient la gueule quand ils perdaient au bout de deux minutes tandis que d’autres pouvaient passer une demie-heure à explorer les premiers donjons de The Legend of Zelda. Un beau jour, j’ai vu débarquer un titre à la direction artistique étonnante, dont le premier niveau se déroule devant un soleil couchant, point lumineux au centre du scrolling, parfois camouflé derrière d’imposantes montagnes, sur un ciel rouge sang remarquable. Je m’étais alors juré que ce jeu serait l’un des premiers que j’achèterai avec ma NES. Au Noël suivant, il accompagnait la console au pied du sapin.

Spin the disc

Au soleil

Rygar, c’est avant tout un jeu d’arcade de Tecmo, à l’époque où la boîte sortait autre chose que des jeux garnis de filles à gros seins. Le personnage principal est un guerrier légendaire rappellé à la vie afin de contrer les plans démoniaques d’un certain Ligar, monstrueux hybride mi-lion mi-tigre anthropomorphisé. Ligar, Rygar, ça sonne pareil, coïncidence ? Il s’agit en fait fort vraisemblablement d’une erreur de traduction, le titre japonais « アルゴスの戦士 » signifiant « Le Guerrier d’Argus » et ne faisant jamais mention d’un quelconque nom pour le héros. Le jeu d’arcade est un side-scroller simple mais efficace, introduisant l’une des principales attractions du titre : l’arme du héros. Le « diskarmor », c’est son nom, est une sorte de yo-yo géant garni de pointes que notre personnage envoie vers les ennemis. Sa portée est limitée, mais via divers bonus il sera possible d’acquérir des pouvoirs facilitant la vie de notre guerrier. De plus, sauter sur les ennemis permet de rebondir et d’atteindre des endroits inaccessibles autrement. Ces deux points, l’arme et le saut, sont en fait les principaux point communs entre le titre d’arcade et le jeu NES, lequel est plus une suite spirituelle qu’une adaptation. Si les grandes lignes du scénario sont toujours les mêmes (et vu la tronche du scénar, c’est bien le moins), le reste du titre n’a rien à voir et lorgne beaucoup plus du côté de l’arcade-aventure que de l’action pure, en se permettant même une (légère) composante RPG.

It’s dangerous to go alone

Joli glitch

Il suffira en effet de tabasser du monstre au kilomètres pour voir les caractéristiques du héros s’améliorer : la puissance des coups devient redoutable au point de one-shot la plupart du menu fretin des premiers tableaux, et la jauge d’énergie passe de trois ridicules unités à une douzaine, tout du moins dans les versions japonaises et américaines. Le jeu européen est en effet plus difficile, ce qui induira un petit problème lors de la fin du jeu, mais j’y reviendrai. En glanant des tablettes magiques, le héros aura également la possibilité d’utiliser trois invocations différentes : un diskarmor à la portée plus longue, une attaque éclair qui affecte tous les ennemis à l’écran pendant dix coups, ou une régénération totale de la vie. Il lui sera aussi possible de rendre visite à des sages qui lui donneront des pièces d’équipement, de l’énergie vitale ou juste de bons conseils. Le but du jeu est en effet de récupérer plusieurs artefacts, lesquels permettent d’accéder à de nouveaux endroits, à la manière d’un Zelda. Si le premier niveau est juste une ligne droite, le second est un hub donnant accès à d’autres niveaux, dont un second hub. C’est ça la générosité chez Tecmo, tu aimes les jeux un peu ouverts ? Allez vas-y, on t’en met deux pour le prix d’un, c’est pour nous, c’est cadeau. Différence de taille avec le jeu d’arcade, le deuxième hub est en vue de dessus ! Si la maniabilité ne change finalement pas tant que ça, il s’agit d’une région à complètement explorer puisque les deux tiers des artefacts à récupérer s’y trouvent. Les ennemis, assez variés et au design sympa, vont de l’espèce de tortue ridicule au robot géant balançant des lasers dans un bruit chelou.

C’est pas tant que c’est dur, c’est que c’est crispant

Salut vieux

Si le personnage répond au doigt et à l’œil, et si la maniabilité est rarement prise en défaut, c’est principalement à cause de sa difficulté que Rygar hérissera le poil des joueurs les moins aguerris. À moins de connaître le jeu par cœur et donc savoir directement dans quel ordre enchaîner, il est possible de se retrouver complètement bloqué faute d’objet indispensable et donc de devoir retraverser un niveau entier dans le sens inverse afin de le récupérer. Fort heureusement le jeu dispose de continue illimités vous permettant de redémarrer au dernier portail franchi, mais les boss se révèlent également tellement forts qu’il sera nécessaire de grinder afin d’acquérir la force de frappe nécessaire pour les vaincre. C’est particulièrement vrai pour la version européenne du jeu qui, comme on l’a dit plus haut, a été rendue encore plus difficile. Alors que les capacités (endurance et puissance) du héros peuvent dépasser les 2000 sur les versions japonaise et américaine, elles furent limitées à 1023 chez nous. De fait, le héros ne tapera jamais bien fort et ses point de vie se retrouvent limités à huit, contre douze aux USA. Le combat contre le boss final ressemble dès lors à une tentative de suicide et il faut faire montre d’une telle dextérité (et de pas mal de chance) pour le vaincre qu’il a longtemps été cru que cela était impossible. C’est d’autant plus dommage que le reste du jeu est tout de même faisable avec pas mal de patience et de détermination, et que le titre est plus qu’agréable, malgré quelques bugs parfois un peu pénibles (de clignotement de sprites, entre autres).

Chouette jeu, foutu en l'air par une difficulté improbable, Rygar ne se révèlera qu'aux plus patients qui auront la force de ne pas balancer leur manette dans l'écran au bout du soixantième Game Over. Bien plus agréables, les versions US et Japonaises donnent du plaisir sans générer de frustrations. Techniquement réussi pour la NES, et bien plus profond que le titre d'arcade. Un oldie de qualité.

est

joueur depuis 1985. Multiplateformes, multigenres, souvent exigeant, parfois tatillon, mais jamais blasé.


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3 commentaires »

  1. Un jeu presque impossible à finir ?

    J’achètes !!

    Non sans rire merci à toi de nous l’avoir présenté je ne connaissais pas du tout.

  2. J’y jouais aussi sur la borne M82 de mon jouéclub du coin mais sa difficulté (même du 1er niveau) faisait que je n’y jouais pas très souvent

  3. Une légende ce titre, perso je trouve que ce jeu est plus un jeu d’arcade,
    (dans le sens ou on le trouvait dans les cafés) que sur console.

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